Kanté, Pogba, Macron, le drone de Clairefontaine… Ce que les réalisateurs du docu sur les Bleus ne vous ont pas montré

Kanté, Pogba, Macron, le drone de Clairefontaine… Ce que les réalisateurs du docu sur les Bleus ne vous ont pas montré
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CONFIDENCES - Suivi par plus de 7 millions de téléspectateurs sur TF1, le documentaire "Les Bleus 2018 : au cœur de l’épopée russe" est désormais disponible en DVD. L’occasion d’aller poser quelques questions à ses chanceux réalisateurs, Théo Schuster et Emmanuel Le Ber.

LCI : Avez-vous réellement pu filmer tout ce que vous vouliez ? 

Théo  Schuster : On a rencontré Didier Deschamps assez tardivement par rapport à la mise en place du projet, durant une réunion d’environ 2h30. Il avait envie d’en savoir plus, et surtout s’il pouvait ou pas nous embarquer au sein de son groupe qui était quand même plutôt fermé. Tout de suite il a posé ses conditions et la première, c’était que le documentaire ne serait diffusé que si la France allait en finale. De notre côté, on avait besoin d’une certaine confiance, tout en nous engageant à rester suffisamment discrets pour ne pas perturber ce qu’il avait mis en marche.

LCI : Tout le long du film, l’équipe dégage une grande sérénité. C’était vraiment aussi idéal ?

Emmanuel Le Ber : Notre objectif, c’était de faire un "feel good movie", une espèce de fable, un conte où on mettrait en avant des superhéros accessibles. En arrivant, on a été frappés par la constitution du groupe. Ça s’est fait progressivement, sereinement. Et c’est vrai que si on avait eu des petits moments de tensions filmables, on les aurait certainement mis, parce que vu le résultat final, ça aurait donné un peu plus de sel à cette victoire. Mais non, il n’y en a pas eu. C’est une expression qu’on utilise à tort et à travers mais on s’est retrouvés avec un groupe qui "vivait bien". C’est la réalité.

Théo Schuster : Le seul gros moment de tension c’est le "débrief" après le match contre l’Australie, et je pense qu’on l’a filmé.

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Théo Schuster : "Kanté n'a pas voulu lâcher un mot"

LCI : Est-ce qu’il y a, malgré tout, des choses que vous n’avez pas pu filmer ? 

Théo Schuster : Bien sûr. Par exemple à Clairefontaine, on rêvait de mettre un drone sur une séance d’entraînement. Or il ne fallait pas qu’il vole trop haut et trop loin pour qu’on puisse avoir la composition tactique. Le problème, c’est que le moteur fait beaucoup de bruit. Le jour où on l’a démarré, Didier Deschamps nous a regardés avec un œil un peu circonspect. Et puis au moment où le drone s’est approché, tout le monde, tous les joueurs se sont mis à le regarder. Certains ont même essayé de l’attraper en lui tirant dessus. On a compris et on a laissé tomber.

LCI : Essentiel sur le terrain, N’Golo Kanté ne s’adresse jamais à vous. Vous avez vraiment tout tenté ?

Théo Schuster : Je pense qu’en regardant le documentaire, on apprend à le connaître un petit peu mieux. Mais c’est vrai qu’on ne l’entend pas parler. C’est son choix. Le premier jour, je suis allé le voir pour lui dire que je voulais qu’il soit vraiment présent dans ce documentaire, et il m’a dit 't’inquiètes, tranquille !'. Il était au courant que le documentaire ne passerait que si la France allait en finale. Si bien qu’à chaque fois qu’on allait le voir, il nous disait 'mais on n’est pas encore en finale, je te parlerai plus tard !".  Quand ils ont gagné la demi-finale, je suis allé le revoir. Il m’a encore dit 't’inquiètes, je vais te parler'. La petite histoire, c’est que je suis allé voir Blaise Matuidi pour lui demander de m’aider. Un soir on est allés jusqu'à sa chambre, on a parlementé pendant un quart d’heure devant le pas de sa porte… et il n’a pas voulu lâcher un mot.

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Emmanuel Le Ber : "Une fois qu’ils ont soulevé la coupe, c’est une nouvelle page qui s’ouvre"

LCI : A l’inverse il y a Paul Pogba, une révélation pour beaucoup de fans de foot. Vous aussi ? 

Théo Schuster : Comme beaucoup de Français, on n’était pas certains qu’il avait cette capacité à se surpasser. Et il nous a bluffés. C’est monté progressivement. Pendant les matches de poule, il n’a pas trop pris la parole, il a regardé, observé. Sur le terrain il a simplifié son jeu et ça lui a donné de la crédibilité auprès du  groupe. Le match contre l’Argentine, c’est un déclic. Il commence à prendre la parole et tout le monde l’écoute. Et ce n’est pas feint. C’est sorti naturellement. C’est venu petit à petit et il a véritablement changé de rôle durant la compétition.

Emmanuel Le Ber : Pogba s’est révélé à lui-même aussi. A un moment donné, c’était jouissif derrière la caméra d’assister à sa mue. En plus il s’était mis la pression. Quand on l’entend dire au début du film "on va jober, on veut ramener l’esprit 98", et qu’au final il réalise ce qu’il a dit sur le terrain et dans le vestiaire, chapeau !

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LCI : Certains téléspectateurs ont trouvé la fin un peu abrupte. C’était votre choix de terminer le film dans le vestiaire, sans montrer par exemple le discours du président Macron ? 

Emmanuel Le Ber : On avait des délais de montage assez courts. C’est vrai que certains sont restés un peu sur "leur faim". Mais c’est aussi la preuve que tout s’est bien déroulé. On a partagé un moment avec eux et soudain ça s’arrête… Comme dans la réalité. Une fois qu’ils ont soulevé la coupe, c’est une nouvelle page qui s’ouvre. Ce qu’on voulait raconter, c’est ce qui mène jusqu’au trophée. Deschamps ouvre le film et il le ferme en expliquant aux joueurs qu’ils sont changés, qu’ils sont différents mais que désormais ils ont ce petit quelque chose qui les réunit tous. Ça me semblait plus fort qu’un discours politique en présence de Poutine et de Macron.

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