Mais qu'est-ce que le"speed watching", cette mode qui consiste à regarder les séries TV en accéléré ?

TÉLÉ

GÉNÉRATION ZAPPING - Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler... Pourtant, le "speed watching", soit "consommer un maximum de séries en un minimum de temps", est devenu tendance en 2017. Accrochez-vous à votre fauteuil.

Vous connaissiez sans doute le "binge watching", cette pratique consistant à enchaîner, durant plusieurs heures, les épisodes d'une même série. Oubliez, c'est démodé. Désormais, on parle de "speed watching", une nouvelle tendance qui fait de plus en plus d'adeptes : elle consiste à enchaîner les chronophages séries TV en vitesse accélérée. De quoi réduire le temps de visionnage de 20 % à 50%, soit 26 minutes pour épisode de The Walking Dead ou de Westworld de 52 minutes. 

En même temps, on peut (presque) comprendre les fans hardcore qui s'y prêtent : 455 séries ont été produites aux Etats-Unis en 2016, soit une hausse de 71% depuis 2011. Impossible de  tout voir sans mettre les bouchées doubles...

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Comment "speed watcher" ?

Plusieurs techniques pour accélérer la vitesse de défilement des images. On peut tout d'abord le faire via un onglet du lecteur multimédia VLC (capture ci-dessous). Sur YouTube, il est également possible de choisir un facteur d'accélération (de 0,25 à 2 fois plus rapide). Quant au navigateur Chrome, il permet carrément de tout accélérer à sa guise avec son Video Speed Controller. C'est d'autant plus "facile" que les plateformes de diffusion du type Netflix permettent ainsi de visionner tous les épisodes d’une série le même jour.

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Est-ce que ça marche vraiment ?

Le "speed watching" concerne avant tout la génération "YouTube", adepte de la consommation de vidéos n'excédant pas dix minutes. On ne s'étonnera d'ailleurs pas que certains producteurs aient désormais envie de créer des pilotes d'une série dont chaque épisode ne dépasserait pas dix minutes.

Dans une étude sur le phénomène, les chercheurs israéliens, Karen Banai et Yizhar Lavner, ont démontré que le cerveau humain était capable de s’habituer sur le long terme à entendre des dialogues accélérés. A condition de pratiquer, tout le monde peut donc y arriver. Vous pouvez en faire l'expérience ci-dessous avec un épisode de Game of Thrones.

Quels sont les risques de cette pratique ?

Il y a le risque, d'une part, de dénaturer les séries que l'on aime - en d'autres termes, survoler les détails que le scénariste a voulu intégrer à l’intrigue - et, d'autre part, de trouver ensuite les films d'une heure et demie (voire plus) globalement ennuyeux, et de connaître un redoutable ennui existentiel. 

Dans un scénario catastrophe, le "speed watching" interviendrait sur l’écriture même des scénarios et la réalisation. Fini le temps où le téléspectateur devait patienter une semaine entre deux épisodes...

La pire conséquence du speed watching serait que ce mode de visionnage devienne une routine. Comme le souligne ce tweet de décembre repris par tous les médias : "J'ai regardé des vidéos YouTube en vitesse x1,25 pendant trois jours et je ne m'en suis même pas rendu compte."

Et la prochaine étape ?

Alors que nous parlons de "speed watching", phénomène certes embryonnaire mais dont tous les médias parlent sérieusement, comme la "suite logique du binge watching", un nouveau phénomène encore plus radical pourrait voir le jour : le "no watching", technique qui consiste à ne plus rien regarder et à lire directement le résumé sur Wikipédia. 

Un journaliste spécialisé en séries TV et cinéma nous a d'ailleurs confié à ce sujet que tout était possible : "On se dirige vers un avenir à la Demolition Man. Je connais un cinéphile fou qui fait ses propres montages. Il vire tout ce qu’il trouve fastidieux pour ne garder que les scènes d’action et, au final, les films font 25 minutes." Bienvenue dans le futur. 

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