Martin Weill arrêté et expulsé vers la France, il s'explique dans "le Petit Journal"

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CHOC - Martin Weill est revenu sur sa mésaventure marocaine. Le journaliste raconte comment lui et son cadreur se sont fait expulser après avoir tenté de tourner des images sur les lieux d'agression de deux jeunes homosexuels marocain.

Martin Weill aurait dû être en duplex depuis le Maroc. Ce lundi 4 avril, le journaliste du Petit Journal était pourtant en plateau, au côté de Yann Barthès. Il explique : "on a été arrêtés, incarcérés, transférés au poste de police de l’aéroport de Casablanca et expulsés vers la France". Le reporter et son cadreur sont arrivés le week-end précédent au Maroc pour enquêter sur l’agression de deux homosexuels, il y a deux semaines. Les deux victimes ont été plus sanctionnées que les agresseurs. Là-bas, l’homosexualité est punie par la loi.

Arrivés sur les lieux de l’agression, les deux journalistes sont immédiatement arrêtés par la police. Cette dernière avait été alertée par les habitants qui soutiennent les agresseurs. La police leur confisque leur caméra. Ils n’ont pas d’autorisation pour tourner or au Maroc, il en faut absolument. Le journaliste se défend : là-bas, tous les journalistes étrangers contournent cette obligation car ils savent que les délais sont infinis. Souvent, plus de trente jours. Les deux hommes sont alors arrêtés, placés sous surveillance policière constante jusqu’à leur expulsion en France, lundi matin.

"C’est un acte héroïque d’agresser un homosexuel"

Le journaliste est tout de même parvenu à parler avec des jeunes homosexuels et transgenres : c’est sur une barque, au milieu de la mer que Martin Weill réalise son interview. L’un d’entre eux explique que c’est "mieux pour parler", pour éviter "de se faire agresser". Un autre raconte qu’ils ne peuvent pas dénoncer les agresseurs car ce sont eux qui risquent de se faire arrêter et jeter en prison. Un troisième explique qu’au Maroc, "c’est un acte héroïque d’agresser un homosexuel".

Martin Weill est également allé à la rencontre de Mohamed Selhami, le directeur de Maroc Hebdo qui avait titré en Une : "Faut-il brûler les homos ?" Pour le rédacteur en chef : "ce n’est pas un caprice… ça révèle un problème au Maroc". Il poursuit, sans gêne, "quand ça sort de la sphère privée, ça devient gênant, c’est comme sortir nu, c’est un attentat à la pudeur... Deux hommes qui s’embrassent c’est choquant". Pourtant, l’homme assure que c’est un pays de tolérance. Et parce que c’est "un pays de tolérance", Martin Weill espère au Maroc pour terminer son enquête et cette fois, il assure, avec ironie, avoir fait toutes les demandes.
 
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