Migrants de Calais : la Croix-Rouge veut porter plainte contre Yann Moix

DirectLCI
POLEMIQUE - A quelques jours de la diffusion de son documentaire intitulé "Re-Calais" sur Arte, Yann Moix a dénoncé l’attitude de la Croix-Rouge qui, d’après lui, ferait en sorte que les jeunes migrants ne soient pas considérés comme des mineurs. Des propos inacceptables pour l’organisation qui entend porter plainte contre l’écrivain.

Son documentaire "Re-Calais" sera diffusé ce samedi sur Arte. Mais déjà Yann Moix (re)donne de l’urticaire à certains. Après s’en être pris au chef de l’Etat Emmanuel Macron et au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, à l’époque du tournage, en janvier dernier, le cinéaste et écrivain a dénoncé mercredi sur Europe 1 l’attitude de certains institutionnels comme la Croix-Rouge qui, d’après lui, "essayent de tout faire pour qu’un jeune ne soit pas considéré comme mineur, car s’il est mineur on est obligé de l’aider et de l’héberger."


Des propos qui ont déclenché la colère de Jean-Christophe Combe, le directeur général de la Croix-Rouge française. "Ces affirmations sont entièrement fausses", "odieuses" et "insultantes pour notre organisation et les milliers de bénévoles et salariés qui au quotidien accompagnent les personnes vulnérables sur le territoire", a-t-il réagi auprès de l’AFP. "Car c'est la nature même de notre association de protéger et accompagner ces personnes".

Au lendemain de la publication de "Dehors", une lettre ouverte de la Croix-Rouge, adressée à Emmanuel Macron l’incitant à revoir sa politique à l’égard des migrants, Yann Moix avait également dénoncé des tests osseux qui seraient pratiqués par l’organisation pour évaluer l’âge exact des migrants. "On ne les a jamais pratiqués et les avis qu'on rend sur l'évaluation de la minorité des jeunes sont faits sur la base d'un entretien réglementé", assure Jean-Christophe Combe, qui entend porter plainte pour diffamation contre l’écrivain.

Dans "Re-Calais", tourné début 2018 à Calais, Yann Moix part à la rencontre des migrants, des forces de l’ordre et des habitants de la ville. Dans un style à la Michael Moore, caméra au poing, le lauréat 2013 du prix Renaudot se met régulièrement en scène et engage la discussion, parfois provocateur, afin de se forger une opinion sur un drame qui se noue loin des médias nationaux. On y croise notamment Dawit, un jeune Ethiopien de 21 ans, victime des gaz lacrymogènes des CRS, dont le portrait fera la une de "Libération", le 21 janvier dernier.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter