"Patron incognito" - Rodolphe Wallgren : "Je n'ai pas fait cette expérience pour la pub"

"Patron incognito" - Rodolphe Wallgren : "Je n'ai pas fait cette expérience pour la pub"

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INTERVIEW - Infiltrer son entreprise. Voilà la mission qui a été proposée à Rodolphe Wallgren, PDG de Memphis Coffee, une chaîne de restaurants. Dans un nouveau numéro de "Patron incognito", diffusé mercredi 29 janvier à 20h50 sur M6, le jeune homme s'est grimé afin de travailler, en toute discrétion, aux côtés de ses employés. Pour metronews, le chef d'entreprise revient sur cette expérience.

Pourquoi avoir accepté de participer à cette émission ?
Mes motivations étaient de mieux appréhender l'entreprise de l'intérieur, de pénétrer au cœur du business, sans forcément dire qui j'étais. J'ai fait cette immersion parce qu'on me l'a proposé, mais je l'aurais tout de même fait par mes propres moyens et sans forcément me déguiser.

Ce n'est tout de même pas trop légal de surveiller des employés...
Je ne vois pas ce qu'il y a d'illégal. Quand vous arrivez dans une entreprise, vous ne révélez pas votre vie ou qui vous êtes. Moi, j'y suis allé pour travailler. Les autres employés ont fait leurs tâches habituelles. Qu'est-ce qui change dans le fond ? Je n'étais pas là pour les surveiller et je pense que les employés l'ont compris. Je voulais aller de l'avant et améliorer mon concept.

Appréhendiez-vous d'être démasqué ?
Oui, je craignais d'être démasqué. Mais ça s'est bien passé, personne ne s'en est trop rendu compte. Plus c'est gros, plus ça passe ! A un moment, j'étais un peu inquiet parce qu'en enlevant ma casquette, la perruque est venue avec. Les salariés ne me connaissaient pas, mais il ne fallait pas trop en dire et montrer que je savais certaines choses. J'essayais d'être modéré dans mes propos et de jouer un peu niais pour que ça passe.

Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans cette expérience ?
Pour quelqu'un comme moi, toujours dans un bureau, ce travail est difficile. Les tâches sont fatigantes, surtout qu'on a eu 8 jours de tournage. On se levait très tôt et on se couchait très tard. On dormait peu. Physiquement, c'est fatigant, surtout quand vous n'avez pas l'habitude de faire 4-5 heures au service ou en cuisine.

"On n'avait aucun droit de cacher quelque chose"

N'était ce pas trop risqué comme expérience, notamment pour l'image de votre entreprise ?
Avec mes collaborateurs, nous avons beaucoup hésité à faire l'émission. On ne savait pas ce qu'on pouvait découvrir. On avait aucun droit de cacher ou supprimer quoi que ce soit et effectivement ça a été une grosse crainte. Il y a eu 2-3 choses pas très positives en termes d'image, mais ce n'est pas catastrophique.

C'est quand même un bon coup de pub...
Ça peut paraître prétentieux, mais je n'ai pas besoin d'un coup de pub. Mes restaurants sont pleins du matin au soir. Je n'ai pas besoin non plus d'investisseurs. A partir de cette année, j'ai 2 millions d'euros de budget annuel en communication. Je ne peux pas non plus vous dire que ce n'est pas favorable, mais je n'ai vraiment pas participé à ce programme pour cette raison. On avait plus besoin de maîtriser les difficultés qu'on allait rencontrer pour mieux se développer. 

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Humainement, c'était très enrichissant. On se rend compte qu'en restauration, on a beau maîtriser tout de A à Z, c'est l'homme qui est la clé de tout. C'est grâce aux salariés qu'on peut faire une belle prestation. 

Pensez-vous qu'en période de crise, il est nécessaire pour un patron de se rapprocher de ses salariés ?
Tout à fait ! Depuis mon expérience, tous mes collaborateurs font une immersion de 15 jours à 1 mois, pour savoir de quoi ils parlent. Je demande à tout le monde de le faire : mon directeur de développement, ma juriste ou mon directeur financier passent par la cuisine et la salle. Tout patron doit prendre quelques jours et aller au cœur du business et voir ce qu'il se passe.

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