Philippe Etchebest : ''Je ne suis pas tout le temps en train de brailler''

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INTERVIEW -Dans ''Objectif Top Chef'', diffusé tous les jours à 18 h 30 sur M6, Philippe Etchebest parcourt la France pour sélectionner un jeune cuisinier qui intègrera la prochaine édition de "Top Chef". A l'antenne depuis lundi dernier, l'émission peut se targuer d'excellentes audiences avec notamment 1,7 million de curieux pour le lancement et 2 millions de téléspectateurs le jour suivant.

Qu'est-ce qui vous a motivé pour participer à cette nouvelle aventure ?
C'était d'être dans l'accompagnement de jeunes en formation. Je le fais déjà au quotidien. En tant que meilleur ouvrier de France, j'ai un devoir de transmission. C'était également l'occasion de montrer une autre facette de ma personnalité. On me connaît comme un chef un peu rentre-dedans, un peu dur, mais c'est toujours au service des gens.

Comment les candidats vous ont-ils accueilli ?
Quand ils ont découvert qui venait juger leur plat, certains ont pleuré, d'autres étaient à la limite de l'étouffement. Ils étaient dans le stress car ils connaissent ma personnalité et me considèrent comme quelqu'un d'assez dur qui rigole pas.

Justement, avez-vous essayé d'être moins sanguin avec ces jeunes ?
Non, mais je ne suis sanguin que quand j'ai besoin de l'être, quand la situation me gonfle. Je leur ai parfois mis la pression dans les phases finales parce que je les sentais à côté. Mais dans la vie [il s'énerve, ndlr], je ne suis pas tout le temps en train de brailler.

Comment avez-vous vécu les éliminations ?
Ça a été très dur au niveau des émotions. En plus, j'ai parfois eu beaucoup de mal à départager des candidats.

Est-ce que certains vous ont bluffé ?
Oui. Je ne m'attendais pas à autant de créativité. A leur âge, je n'étais pas comme eux. Ils sortent des trucs vraiment pointus.

''Je ne suis pas passionné de cuisine''

Pensez-vous que cela est lié à toutes ces émissions de cuisine ?
Il y a clairement un impact. Avant, être cuisinier ce n'était pas gratifiant. On s'orientait vers ce métier parce qu'on n'y arrivait pas dans les études. Aujourd'hui, quand tu es chef dans une grande maison, tu es une star. La vision que les gens avait de ce métier a complètement changé. Ces émissions ont suscité des vocations. Mais, contrairement à ce qu'imaginent certains jeunes, faire de la cuisine ce n'est pas passer à la télé. C'est du boulot, de la sueur, de l'engagement, de la fatigue et des sacrifices.

Où en est votre projet d'ouvrir votre propre restaurant ?
J'espère l'ouvrir début 2015 à Bordeaux. Il faudra alors que je m'organise différemment puisqu'il y a déjà un planning prévu l'année prochaine pour "Cauchemar en cuisine". Je ne pourrai pas être tous le temps dans mon restaurant et en même temps il y a beaucoup de clients qui veulent voir "la bête", il va donc falloir gérer tout ça.

Après vos deux étoiles obtenus à l'Hostellerie de Plaisance, à Saint-Emilion, visez-vous les trois étoiles ?
Oui bien sûr les trois étoiles, ça fait partie des objectifs. Mais je n'anticipe pas. J'avance lentement mais sûrement. Le plus important est de durer. Si ça vient pas, je n'en ferai pas une maladie mais je ferai tout pour être au niveau.

Cela ne vous manque pas de cuisiner ?
Pas du tout. Je ne suis pas passionné de cuisine. Je ne suis passionné de rien mais j'aime tout et je suis investi dans tout ce que je fais. La cuisine, j'ai fait ça par facilité parce que mes parents étaient restaurateurs. Je suis la preuve qu'on peut réussir sans passion mais il faut être impliqué, sincère et ne pas tricher.

Comment définiriez-vous votre cuisine ?
Délicate et féminine. C'est le paradoxe qui fait la surprise. Mais la cuisine, c'est profond, ça vient de l'intérieur.

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