"Sherlock", c'est la rock star des séries anglaises

"Sherlock", c'est la rock star des séries anglaises

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RENCONTRE – France 4 diffuse jeudi "Le Cerceuil Vide", premier épisode de la saison 3 de la série "Sherlock", carton lors de sa diffusion en janvier sur la BBC. De passage à Paris, le scénariste Steven Moffat a confié à metronews les secrets de cette relecture passionnante.

Steven Moffat lui-même n'en revient pas. En juillet 2010, le scénariste britannique, célèbre pour avoir relancé les aventures de Doctor Who, offrait aux téléspectateurs de la BBC sa relecture du mythe Sherlock Holmes. Interprétée par l'inconnu Benedict Cumberbatch, la première saison de trois épisodes battait aussitôt des records d'audience outre-Manche. Quatre ans et neuf épisodes plus tard, le héros de Conan Doyle est (re)devenu un héros de notre temps, rivalisant avec les meilleures fictions américaines du moment.

"Je cherche encore le nom d'une série qui est partie de zéro pour aller aussi haut et aussi vite", confie Steven Moffat à metronews, à l'occasion de la diffusion sur France 4 du premier épisode de la saison 3, ce jeudi soir. "Bien sûr on savait qu'elle était bonne, nous ne sommes pas stupides", reconnaît l'intéressé. "Mais on la trouvait un peu arty, un peu "niche". Sûrement pas taillée pour devenir la "rock star" des séries. Or rendez-vous compte : depuis, les jeunes filles anglaises se mettent à acheter les romans originaux !"

Et si l'Angleterre n'avait pas changé ?

Le Sherlock 2.0, c'est donc Benedict Cumberbatch, comédien au patronyme aussi imprononçable que son visage intrigue. "C'était notre premier et unique choix", souligne Steven Moffat. Je l'avais vu au cinéma dans Reviens-moi et il ressemblait au Sherlock que j'avais en tête. Classique et moderne à la fois. J'en ai parlé à Mark Gatiss (co-scénariste et également comédien dans la série – ndlr) et nous sommes rapidement tombés d'accord.

Trouver un bon Docteur Watson a été plus compliqué. "Nous avons rencontré de très bons comédiens, dont Matt Smith de Doctor Who. Martin Freeman n'a pas déroché le rôle tout de suite. Le jour de notre première rencontre, il était un peu grincheux, il n'avait pas l'air très intéressé. Plus tard nous avons appris qu'il s'était fait voler son portefeuille le jour-même !" (rires). Lorsqu'on a fait la première lecture avec Benedict, ça a tout de suite fonctionné. Leur complicité tirait leur jeu respectif vers le haut."

Conan Doyle, une source d'inspiration infinie

La beauté de ce Sherlock, c'est évidemment son humour so british, et sa façon astucieuse de transposer les intrigues de Conan Doyle, imaginées il y a plus d'un siècle, dans le Londres d'aujourd'hui. "Ce n'était pas difficile car l'Angleterre n'a pas vraiment changé", estime Steven Moffat. "Les journaux sont devenus des blogs, les télégrammes sont devenus des SMS et curieusement notre Watson revient de la guerre en Afghanistan comme le tout premier. En revanche nous avons du broder. Portées à l'écran en l'état, les enquêtes ne dépasseraient pas vingt minutes, hormis celle du Chien des Baskerville. Sans parler des précédentes adaptations qui nous obligeaient à être un peu originaux."

Le personnage de Sherlock Holmes étant récemment tombé dans le domaine public, Steven Moffat s'estime-t-il libre d'inventer de nouvelles énigmes, pour les prochaines saisons ? "Sachant que Mark et moi sommes des fans absolus de Conan Doyle, nous ne ferons jamais rien qui dénature son travail. Car ce qui nous fascine chez lui, c'est sa façon de raconter les histoires, les dialogues absolument brillants sans parler de son art de créer des méchants réjouissants. Le potentiel est infini !".

Sherlock, saison 3, épisode 1. Jeudi soir à 20h45 sur France 4. Suivi du documentaire Sherlock Holmes : l'héritage à 22h35.

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