Stéphane Rotenberg : "J'aimerais faire un Pékin Express en Europe"

Stéphane Rotenberg : "J'aimerais faire un Pékin Express en Europe"

TÉLÉ
DirectLCI
INTERVIEW - "Pékin Express" reprend la route. Dès ce mercredi 16 avril à 20h50, M6 diffusera la dixième saison de l'émission d'aventure baptisée "A la découverte des mondes inconnus". Pour la première fois, Stéphane Rotenberg a entraîné les candidats dans des pays peu visités tels que la Birmanie et le Bhoutan. L'occasion d'évoquer avec l'animateur les nouveautés du programme et son arrestation avec l'équipe de production en Inde.

Quelles sont les spécificités de cette saison 10 ?
A chaque fois, c'est une nouvelle aventure. Même si c'est un format spécifique existant depuis 10 ans, les pays visités et les binômes sont différents. Cette année, on a pris la décision d'aller dans des pays, qui étaient fermés ou en guerre, il y a encore quelques années. On a également rééquilibré un peu le programme. Les téléspectateurs retrouveront toujours de la course, mais l'émission sera surtout axée sur la découverte des populations. 
On a aussi décidé de faire revenir des candidats ayant marqué le programme. En revanche, on a créé des binômes inédits en leur demandant d'amener quelqu'un de leur choix.

La production a été plus conciliante que les années précédentes en mettant à disposition des traducteurs...
Sur tous les tournages, on avait déjà une équipe de traducteurs. L'élément clé de Pékin Express est d'essayer de se faire comprendre. Mais une fois que les candidats ont décroché leur gîte et leurs couverts, dans la soirée, on a fait venir des traducteurs. On n'était pas sûr de les laisser au montage, mais ça marchait bien. Les candidats ont pu poser des questions et enfin s'exprimer.

N'avez-vous pas peur que le programme soit d'autant plus comparé à Rendez-vous en terre inconnue ?
Non, ça reste une course et une aventure avec beaucoup de participants. Les programmes ne sont pas comparables. Pékin Express a plutôt donné envie aux chaînes de télévision de racheter des émissions de découverte. Le service public n'aurait sans doute jamais commandé l'émission à Frédéric Lopez, qui l'avait imaginé il y a très longtemps et avait beaucoup de mal à la vendre. N'inversons pas les antécédents (rires).

A-t-il été difficile d'obtenir les autorisations de tournage ?
Il n'y a pas si longtemps, il était interdit aux Birmans d'accueillir des gens chez eux. Les autorisations n'ont pas été faciles à obtenir, mais une fois obtenues, le tournage a été relativement simple. En Birmanie, nous sommes allés notamment voir des Pa-O (groupe ethnique birman, ndlr) et des minorités parfois très loin du pouvoir central. Mais ils acceptaient qu'on filme tout ça. On a tourné environ 45 jours.

"On nous soupçonne d'espionnage"

Vous êtes-vous remis de votre mésaventure au Nagaland, en Inde ?
Ça fait partie des problèmes typiquement rencontrés lors des tournages. Les autorités locales sont moins souples que les autorités nationales, qui nous délivrent les autorisations. On a également rencontré ce genre de mésaventures aux Etats-Unis. Les shérifs locaux au Mississippi, en Alabama, nous demandaient d'arrêter de tourner alors que Washington nous l'avait autorisé. Mais c'est la première fois qu'il y a réellement une procédure en cours. Trois membres de l'équipe sont toujours là-bas :
un responsable de production et deux responsables de la sécurité. On les soupçonne d'espionnage. Ça va s'arranger, mais ça prendra du temps. Il faut respecter le temps judiciaire, qui n'est pas le même qu'en France.

Avez-vous tout de même eu le temps d'y tourner toutes les épreuves ?
Non. L'étape et le tournage en Inde ont été annulés. On a réécrit des épisodes au Sri Lanka. En termes de logistique, ça a été très compliqué ! Puisqu'on avait perdu cinq jours, on a dû appeler des renforts afin de recaler les autorisations, les hôtels, changer les billets d'avion, ou encore prolonger les traducteurs.

Pensez-vous que la mécanique de cette saison vous permettra de booster les audiences en chute au fil des années ?
Au bout de 10 ans, c'est normal que les audiences soient moins puissantes. Lors de la première saison, il n'y avait que 5 chaînes concurrentes. Aujourd'hui, il y en a 31. La résistance de Pékin Express est tout de même assez incroyable. Le problème n'est pas l'audience, mais son coût élevé, des millions d'euros, et il faut un environnement publicitaire excellent.

Rêvez-vous d'une destination particulière pour une prochaine saison ?
J'aimerais faire un Pékin Express en Europe. Il y a une richesse extraordinaire entre les pays de l'est, du sud. On ne se rend pas compte, mais en Europe, on a la chance d'être sur un continent où en parcourant 300 kms, tout change. Tous les 500 kms, on change de langue. Il y a une complexité, une richesse architecturale et culturelle absolument magique. Il y aurait cependant moins de disparités économiques entre les pays. Sinon, dans le reste du monde, il y a encore une centaine de pays sur la liste d'attente !

N'est-ce pas trop frustrant de ne pas pouvoir participer à la compétition ?
C'est sans doute l'un des programmes les plus difficiles à produire au monde. L'équipe est composée de 120 personnes. C'est d'une incroyable complexité en termes de réalisation et de sécurité. C'est une vraie aventure, même si elle n'est pas comparable à celle des candidats. C'est galvanisant. On sait où l'on va dormir le soir et on n'a pas un euro par jour, mais faire une émission de télévision et une série de primes times pour trois mois de diffusion, le tout en 40 jours, c'est un vrai travail !

Sur le même sujet

Lire et commenter