Syrte : au coeur des combats dans l'ex-bastion libyen de Daech

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DOCUMENT SEPT À HUIT - La ville natale du dictateur Kadhafi et toute sa région sont tombées aux mains de Daech en janvier 2015. Syrte est devenue la vitrine de l'État islamique en Libye. Mille hommes des forces pro-gouvernementales libyennes sont à l'assaut du dernier carré de combattants. Une équipe de "Sept à Huit" s’est rendue sur la ligne de front.

Syrte, 75.000 habitants il y a cinq ans, est un port stratégique de la côte libyenne. La ville natale du dictateur Mouammar Kadhafi et toute sa région sont tombées aux mains du groupe État islamique en janvier 2015. Cela fait quatre mois maintenant que les forces libyennes tentent de reprendre la ville. Dans les premiers quartiers libérés, c'est une zone fantôme, vidée de ses habitants, qui porte encore les traces de l'organisation islamiste. 

Cette ville était une vitrine pour l’organisation. Des vidéos de propagande vantaient les équipements sportifs, les jardins publics... Le but étant d’attirer les musulmans du monde entier. Aujourd’hui, seuls des drapeaux de Daech hantent les murs des différents quartiers. Pour trouver une trace de vie, il faut aller à 3km du front, où quelques échoppes viennent de rouvrir. 

Mohammed, commerçant, a vécu pendant un an sous le joug de Daech. "On m'obligeait à fermer la boutique pendant l'heure de la prière. De temps en temps, ils venaient vérifier ce que l'on regardait à la télévision. Il fallait que ce soit une chaîne qui diffuse des versets du Coran. Ils voulaient que tout soit islamique", explique-t-il. 


Essence, soins médicaux… Contrairement aux images de propagande, les habitants manquent de tout et doivent se plier aux règles de l'islam rigoriste. Dans un bâtiment aujourd’hui libéré, la "Isba", la police de Daech, était chargée de faire régner l'ordre religieux à Syrte. Dans une pièce, des vêtements de femmes saisis en boutique par l'État Islamique, tout comme des mannequins de vitrines, car ils montrent les formes des femmes. Ce qui est interdit. 


Ils nous électrocutaientAhmed, ex-prisonnier de Daech à Syrte

Le tribunal de Daech, lui aussi, vient d'être repris. Ahmed, 19 ans, qui participe à la libération, a été prisonnier pendant trois mois et demi. "Ils nous frappaient, nous électrocutaient, nous suspendaient aux portes. Ils voulaient juste nous frapper. Tous les soirs, ils ramenaient un écran et nous montraient comment ils exécutaient les gens", raconte-t-il. 

Aujourd’hui, ils seraient moins de 200 djihadistes regroupés dans un quartier. Ces hommes se serviraient de leurs familles comme bouclier. Dans cette guerre de position, les deux camps jouent à un cache-cache mortel. Depuis le début de l'offensive, il y a eu plus de 400 morts et 2000 blessés. Selon nos informations, depuis le début de l'offensive libyenne, pas moins de 500 islamistes auraient réussi à fuir la ville et seraient prêts à poursuivre le djihad, en Lybie ou ailleurs.

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