Pourquoi "The Walking Dead" doit arrêter de manipuler ses fans

Pourquoi "The Walking Dead" doit arrêter de manipuler ses fans

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HUMEUR - Le premier épisode de la saison 7 de "The Walking Dead" a enfin été diffusé, après 6 mois d'attente insoutenable. Nous connaissons maintenant l'issue terrifiante du bain de sang de Negan, mais à quel prix ? La série a-t-elle besoin d'en passer par là pour garder ses fans ?

Le showrunner Scott GImple, le créateur de la BD Robert Kirkman et les scénaristes de The Walking Dead sont-ils en manque d'inspiration ? C'est la question que nous pouvons nous poser après les deux derniers épisodes : le final de la saison 6 et le premier de la saison 7. Nous savons depuis des années que Negan va faire son entrée dans l'univers de la série, et d'une façon aussi fracassante que meurtrière. Ce que nous ne savions pas c'est qu'elle allait se faire en manipulant ses téléspectateurs les plus fidèles.


Il n'est pas question de remettre en cause le gore et la violence de "The Day Will Come When You Won't Be", cela a toujours fait partie de la série. On se rappelle Noah qui se fait déchiqueter le visage en gros plan lors de l'épisode 14 de la saison 5, ou la césarienne forcée de Lori dans l'épisode 4 de la saison 3. Mais ce qui dérange, c'est la manière dont a été créé cet événement dévastateur pour les personnages, et les fans. 

Une mort truquée

Le 11 juillet 2012 sortait le chapitre numéro 100 du comic-book The Walking Dead, un tournant pour l'oeuvre de Robert Kirkman, qui introduisait Negan de la plus barbare des manières : en détruisant le crâne de Glenn avec Lucille, sa batte entourée de fils barbelés. Depuis ce jour, les fans attendent que ce moment arrive dans la série et toute la saison 6 est construite dans le seul but d'introduire le leader des Sauveurs, incarné par Jeffrey Dean Morgan, en échangeant ce qui faisait la force du show jusqu'à présent - la réflexion sur l'humain - par un suspense mal branlé, qui se termine par cliffhanger mal venu.


Tout commence à l'épisode 3 de la saison 6, "Thank You", dans lequel Glenn et Nicholas sont en cavale. Debout sur une benne à ordures, entourée de plusieurs dizaines de zombies, ce dernier décide de mettre fin à ses jours, entraînant le mari de Maggie dans sa chute. Les créatures se précipitent sur les deux corps à terre et commencent à en dévorer les tripes. Glenn est-il mort ? Une fin si décevante, si différente de celle du comic-book, pour un personnage tant aimé des fans. Vient là la première manipulation des scénaristes.

Une manipulation par l'artifice

Non, Glenn n'est pas mort, et il faut attendre cinq épisodes pour le savoir. Les lecteurs des comics connaissent la vraie mort du personnage, les fans de la série qui n'ont jamais jeté un oeil à l'oeuvre papier sont au courant - par les multiples références sur internet - qu'une autre fin l'attend, et ça Scott Gimple et Robert Kirkman le savent. Ce qui leur permet de jouer avec les téléspectateurs, leur faire croire que Steven Yeun quitte la série de cette manière. Mais le subterfuge est trop grossier, trop artificiel, sans émotion. Une fois cette première étape passée, débute une vraie partie de cache cache entre nos survivants et ce mystérieux groupe dans la deuxième partie de saison 6.


Des cartes qui s'assemblent semaine après semaine pour former un château tremblotant qui s'effondre dans les dernières secondes de la saison. C'est là qu'intervient le nouveau jeu de manipulation des scénaristes. "Last Day on Earth", le dernier épisode de la saison 6, n'est qu'une succession de scènes dans lesquels les survivants tentent de trouver une route de sortie, pour finir piégés par les Sauveurs. 40 minutes de vide pour une séquence finale attendue.

Revenir aux fondamentaux

Tous à genoux, ils découvrent enfin - ainsi que les téléspectateurs - celui qui est derrière tout ça : Negan. Et si son monologue d'une dizaine de minutes impressionne, marque les esprits - on le savait, Jeffrey Dean Morgan est un excellent acteur, et le choix est parfait - la décision de créer ce dénouement inachevé, cachant l'identité de la victime et laissant le téléspectateur frustré par un tel procédé témoigne d'un manque de respect et de créativité. L'impact créé par le premier épisode de la saison 7 aurait été tout aussi fort et montrant la mort d'Abraham et Glenn en avril dernier, laissant 6 mois aux fans pour s'en remettre.


L'instauration d'un nouveau monde avait-il besoin de passer par là ? Laisser tomber la philosophie, les questionnements qu'engendrent la série pour un effet choc artificiel est décevant. The Walking Dead n'a jamais eu besoin de ça pour intéresser, faire parler. Le cliffhanger n'est pas le problème, évidemment, son utilisation racoleuse, par contre, l'est. La fin de saison 4 a su parfaitement l'utiliser avec Rick et les siens enfermés dans un contenaire à Terminus, amenant un record d'audience pour le premier épisode de la saison 5 avec 17,2 millions de téléspectateurs. Un score que n'a pas réussi à battre "The Day Will Come When You Won't Be".

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