"UnReal" - Constance Zimmer : "J'aime le côté sans filtre de Quinn, elle se fout de tout"

"UnReal" - Constance Zimmer : "J'aime le côté sans filtre de Quinn, elle se fout de tout"
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INTERVIEW - LCI se trouvait à Cannes à l'occasion du MIPCOM qui s'est déroulé du 16 au 20 octobre et a pu rencontrer Shiri Appleby et Constance Zimmer, les deux (anti)héroïnes de la série UnReal lors d'un événement A&E. Retour sur un succès surprise et une saison 2 qui aura beaucoup déçu.

LCI : Avez-vous été surprises du succès de la série ?

Constance Zimmer : Oui, beaucoup. Vraiment surprise, vraiment excitée. Et ce n’était pas seulement parce que les critiques étaient positives, mais surtout parce qu’elles comprenaient la série, son sujet, son message. Elles ont compris que c’était plus qu’une série sur les coulisses d’une télé-réalité, qu’elle était vraiment plus complexe que ça.

Shiri Appleby : On s’est senties vraiment reconnaissantes, parce que nous sommes arrivées sur cette série sans vraiment savoir ce que c’était et on s’est toujours demandé si cela allait fonctionner, et puis on a vu ces réactions positives… C’était le meilleur des sentiments.

LCI : Saviez-vous que la série allait autant creuser des sujets aussi politiques et sociétaux ?

Shiri Appleby : Non, pas du tout. Au départ, quand il y a eu des discussions à propos de ce projet, on pensait vraiment faire une série qui dévoile les coulisses d’une télé-réalité avec ces deux personnages féminins complexes, mais c’est tout. Mais on s’est rapidement trouvées au milieu d’une conversation féministe, et sur des sujets comme l’aspect humain de ces émissions. Et regardez comme la saison 2 s’est penchée sur le problème racial aux Etats-Unis. Nous n’avions aucune idée qu’UnReal allait explorer tout ça.

LCI : A quel point est-ce important aujourd’hui dans le paysage audiovisuel de faire une série féministe, et pensez-vous qu’elle puisse changer les choses ?

Constance Zimmer : Je souhaiterais qu’une seule série puisse changer les choses, mais je pense qu’il en faut plus. Mais on a lancé de nombreuses discussions sur des sujets importants et on est fières de ça. Et même si c’est le cas durant un seul épisode, que ce soit sur le manque de diversité, ou de la façon dont sont traitées les femmes sur ces émissions de télé-réalité, je pense que le meilleur qu’on puisse faire, c’est d’en parler.

LCI : Les émissions de télé-réalité exacerbent souvent les émotions, les sentiments. Pensez-vous qu’en ce sens, la saison 2 de UnReal est allée trop loin ?

Constance Zimmer : Peut-être… Mais ce n’était pas intentionnel, je pense qu’il y avait beaucoup de sujets à aborder cette saison et nous avions seulement 10 épisodes, ce qui n’est pas beaucoup. Et les scénaristes ont fait en sorte de condenser les choses, et certaines fois on ne pouvait croire tout ce qui pouvait se passer en seulement 42 minutes. Mais comment sait-on quand on va trop loin ? J’adore le fait que notre série n’ait pas peur d’essayer, ni de faire d’erreur. Et le fait que la série a été renouvelée pour une saison 3 est une preuve que les chaînes A&E et Lifetime sont fièresde la série et des messages que nous faisons passer.

LCI : Il y a eu beaucoup de déception concernant cette saison 2. Pensez-vous que c’est un problème d’écriture ? Ou des attentes trop hautes après le succès de la première ?

Constance Zimmer : Je pense que toute saison 2 de toute série, spécialement quand la saison 1 a reçu un accueil plus que positif, engendre forcément de la déception. Et je ne pense pas que les scénaristes se disent, en créant une saison 2, qu’ils veulent faire encore mieux que la première saison, ils veulent juste continuer leur histoire. Pour UnReal, ils ont voulu montrer que la série n’a pas peur d’explorer des problèmes graves.

Shiri Appleby : Mais ce qu’ont fait les scénaristes pour cette saison 2 est louable. Ils n’ont pas hésité à regarder ces "attentes" dans les yeux pour explorer des sujets encore plus graves, et qui font parler, comme Quinn qui fait passer sa carrière professionnelle avant son désir d’être mère.

LCI : Qu’aimez-vous à propos de Quinn et Rachel, vos personnages ?

Shiri Appleby : J’adore jouer Rachel, elle est complexe, et sa relation avec Quinn est si gratifiante pour une actrice. C’est une relation unique. Ce sont des femmes d’une grande richesse, qui évoluent dans un monde pas comme les autres, et qui font des choses, que nous ferions jamais avec Constance, donc c’est vraiment amusant à jouer.

Constance Zimmer : Au début j’avais peur de Quinn, mais après j’ai commencé à aimer son côté sans filtre, c’est assez fatigant à jouer, mais tellement amusant de se foutre de tout. Mais je pense que la chose la plus importante pour nous, c’est cette amitié entre les deux personnages. Et même si elles font ces choses horribles, il faut trouver la légèreté derrière.

LCI : Que préférez-vous dans cette relation ?

Constance Zimmer : L’amour. Du coup les scènes où elles sont froides l’une envers l’autre sont les plus difficiles à tourner… Mais d’un autre côté, c’est amusant, parce qu’à chaque fois qu’elles se terminent, on est genre ‘Argh, j’ai été tellement méchante avec toi, je suis tellement désolée’.

Shiri Appleby : Elles se jouent l’une de l’autre et elles savent comment énerver l’autre. Et je pense que malgré l’amour qu’elles se portent ce sera toujours compliqué entre elles. On ne sait pas si ce sera pareil en saison 3, parce que la production commence à peine, mais je pense que ce sera toujours compliqué, elle ne sera jamais stable.

LCI : Pensez-vous qu’elles ne croient plus en l’amour ?

Shiri Appleby : Je pense qu’elles ont toujours l’espoir de vivre leur propre conte de fée

Constance Zimmer : Et même si ce n’est pas un conte de fée. Je pense qu’elles ne perdront jamais espoir.

LCI : Que souhaitez-vous pour vos personnages en saison 3 ?

Shiri Appleby : Je veux que Rachel soit riche, que quelqu’un soit riche.

Constance Zimmer : Je veux qu’elles travaillent en équipe, elles sont meilleures ensemble parce qu’elles ont les même objectifs. Leurs conflits ne me dérangent pas, mais j’aime le fait qu’elles ambitionnent les mêmes choses. Dans la saison 2 elles voulaient accomplir des choses différentes, et je préfère qu’elles les accomplissent ensemble.

LCI : Quelle télé-réalité pourraient-elles créer ensemble si elles venaient à quitter Everlasting (la fausse émission de la série) ?

Shiri Appleby : Ce serait marrant de voir Rachel produire Survivor, avec son maillot de bain au milieu de rien. Et si elles venaient à produire une émission de leur imagination… Je verrais bien sur des femmes au travail.

Constance Zimmer : Voir des femmes aussi fortes qu’elles travailler, les découvrir dans leur environnement professionnel.

LCI : Regardez-vous des télé-réalités ?

Shiri Appleby : Je regarde Project Runway (Projet haute couture, en France), La famille Kardashian… J’aime regarder les télé-réalité, je trouve ça relaxant.

Constance Zimmer : J'aime ces émissions où des gens trouvent différentes choses dans des brocantes ou marchés aux puces, et qui n’ont aucune idée que ce qu’ils viennent d’acheter vaut des milliers ou des millions de dollars. J’aime ces télé-réalité où on sent qu’on apprend quelque chose.

LCI : Verra-t-on une Bachelorette en saison 3 ?

Constance Zimmer : On ne sait pas, mais on aimerait oui, ce serait une idée géniale. J’aimerais voir Quinn et Rachel diriger une femme, cela changera totalement la dynamique de la série.

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