VIDÉO - "Black Mirror" : après son triomphe aux Emmy Awards, à quand la saison 4 sur Netflix ?

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SUCCÈS - Récompensée aux Emmy Awards, la série d’anticipation britannique "Black Mirror" a failli disparaître avant que Netflix propose à son créateur de tourner de nouveaux épisodes. Et il ne semble pas l’avoir regretté...

Attention Objet Télévisuel Non Indentifié. En 2011, les téléspectateurs britanniques de Channel 4 découvrent avec stupeur "The National Anthem", premier épisode d’une nouvelle série intitulée Black Mirror. Afin de sauver un membre de la famille royale des griffes d’un mystérieux maître-chanteur, le Premier ministre de sa Majesté y était contraint, la mort dans l’âme, d’avoir un rapport sexuel avec une truie en direct devant les caméras. Vous avez bien lu.


Aussi effroyable qu’hilarant, ce petit bijou d’humour noir est l’œuvre de Charlie Brooker, chroniqueur et scénariste dont la plume acerbe fait le bonheur des lecteurs du quotidien The Guardian. Contrairement à 99% des séries de l’époque, qui racontent une histoire de A à Z, Black Mirror est présentée comme une collection d’histoires toutes différentes dont le point commun est de mettre en lumière notre addiction croissante aux nouvelles technologies et ses dérives... 

Satire de la téléréalité, dangers de la société de surveillance, réflexion sur les dérives du clônage… Après une première saison de trois épisodes, Channel 4 en commande une deuxième, toujours de trois épisodes, diffusée en 2013. Repérée par les fans de fictions novatrices, moins futuriste que ses scénarios pouraient le laisser croire, elle va rapidement devenir culte, longtemps inédite dans les pays francophones avant que France 4 la diffuse au printemps 2014.

A l’époque, le futur de Black Mirror est incertain. Peu satisfait par les budgets proposés par Channel 4, Charlie Brooker négocie son avenir en coulisses et après la diffusion d’un épisode inédit, à Noël 2014, il signe un deal à 40 millions de dollars avec la plateforme américaine de streaming payant Netflix. A la clé : deux nouvelles saisons de non pas trois mais six épisodes chacune, dont la première est lancée le 21 octobre dernier partout dans le monde. Jugée inégale par les fans de la première heure, cette nouvelle salve n’en porte pas moins la patte de son auteur, qui l’a écrite ou co-signée en totalité.


"Lorsque Netflix a racheté la série, ils ont été assez aimables pour nous laisser faire les choses à notre façon, il n’y a pas eu d’interférences, confiait l’été dernier Charlie Brooker à Screen. D’histoire en histoire, nous pouvons réinventer la roue et produire des épisodes aux tonalités totalement différentes. Nous avons la liberté de faire absolument tout ce que nous voulons (…) Je crois que Netflix est appréciée par les réalisateurs parce qu’on s’y sent quelque part entre le cinéma et la télévision. C’est presque à la fois une société de production de films et un diffuseur à grande échelle."

Dimanche soir, lors de la cérémonie des Emmy Awards, c’est l’épisode intitulé "San Junipero" qui a permis au Britannique de repartir avec deux trophées, meilleur téléfilm et meilleur scénario. Débutant en 1987, l’intrigue raconte l’histoire d’amour entre Yorkie (MacKenzie Davis), une jeune femme timide et Kelly (Gugu Mbatha-Raw), une fêtarde excentrique, dans la boite de nuit d’une petite station balnéaire. Au fil des retrouvailles entre les deux protagonistes, le spectateur réalise qu’elles évoluent dans un monde virtuel où les patients en fin de vie peuvent téléporter leur conscience après leur disparition. 


Bouleversant, "San Junipero" pourrait avoir une suite et/ou un spin-off dans les prochaines années, confiait il y a quelques jours Charlie Brooker au Hollywood Reporter. Mais d’ici la fin de l’année c’est la saison 4 que le public pourra découvrir. Une première bande-annonce alléchante a été dévoilée début septembre, offrant un brève aperçu des six nouveaux épisodes dont plusieurs ont été réalisés par des cinéastes de renom comme John Hilcoat (La Promesse), Colm McCarthy (The Last Girl) ou encore la comédienne Jodie Foster. Avec toujours le même regard mi-corrosif, mi-effrayé sur les excès du monde contemporain. Visionnaire aussi ?

"Ceci n'est pas un épisode. Ce n'est pas du marketing. C'est la réalité", avait publié le compte officiel de la série au lendemain de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. La semaine dernière, le compte Twitter officiel de la série s’est amusé du lancement des nouveaux Animojis d’Apple en détournant une vidéo de la conférence de presse de Tim Cook pour y intégrer Waldo, le personnage virtuel de la saison 2.

Caché derrière cet avatar bleu tour à tour ridicule, attachant et dangereux, un jeune comédien spécialiste de la motion capture décidait de participer à une élection locale... et finissait par faire gagner le candidat du parti conservateur après avoir humilié en public sa rivale travailliste. Un avant-goût de nos prochaines joutes électorales ?

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