VIDEO - Et si François Fillon avait gagné le premier tour de la primaire grâce à la télévision ?

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DECRYPTAGE - On ne l’avait pas vu venir, ou presque. A la surprise générale, l'ancien Premier ministre François Fillon est arrivé en tête du premier tour de la primaire de la droite et du centre, ce dimanche 20 novembre. Un score qu’il doit, en partie, à un marathon médiatique réussi alors qu’il a longtemps stagné à la 4e place des sondages…

C'est l'histoire d'une résurrection. Arrivé en tête du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon est longtemps resté dans l’ombre du duo Alain Juppé-Nicolas Sarkozy, voire du jeune loup Bruno Le Maire. Le 27 octobre, il était crédité de 14% des intentions de vote dans un sondage Harris Interactive pour France Télévisions, loin derrière Alain Juppé (40%) et Nicolas Sarkozy (31%). Ce dimanche 20 novembre, moins d’un mois plus tard, il les a nettement devancé, avec plus de 44% des suffrages. Mais que s’est-il passé entre temps ? Si l’on en croît de nombreux observateurs, ses interventions médiatiques y sont clairement pour quelque chose…

"L’Emission Politique" sur France 2, le 27 octobre

Ce fameux sondage Harris Interactive, justement, est à l’origine d’un petit clash en apparence anodin entre l’ancien pensionnaire de Matignon et Léa Salamé qui l’interroge sur le choix qu’il pourrait faire, au second tour de la primaire, entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. "Vous me réinviterai entre les deux tours et je vous dirai ce que je ferai", lance-t-il un brin ironique à la journaliste. Avant de dénoncer cette enquête à laquelle a, ironie du sort, répondu un de ses collaborateurs. "Deuxième question du sondage : au 2e tour, qui est-ce que vous choisissez entre Juppé et Sarkozy ?", raconte François Fillon, soudain agacé. "C’est quand même bizarre, vous avez déjà décidé avant même d’avoir dépouillé le premier tour que le deuxième tour était joué !" Léa Salamé baisse les yeux, la salle applaudit. C'est rare.

Deuxième débat de la primaire sur BFMTV et iTELE, le 3 novembre

"6 millions de chômeurs, 100% de dettes, le totalitarisme islamique qui frappe à notre porte, et le sujet majeur des primaires, c’est le sort du maire de Pau !", lance François Fillon, froidement excédé alors que ses camarades de jeu discutent de la stratégie du futur vainqueur de la primaire vis-à-vis de François Bayrou. "Moi je ne rentre pas dans ce pugilat", lâche-t-il, se plaçant clairement au-dessus de la mêlée. Après un premier débat où il paraissait encore en retrait, François Fillon soigne sa stature de présidentiable. A l’issue de ce deuxième match à 7, un sondage à chaud réalisé par Elabe pour BFMTV le voit chiper la 3e place à Bruno Le Maire, avec 15% des intentions de vote. Mais il est toujours loin derrière ses deux rivaux.

"Une ambition intime" sur M6, le 6 novembre

"Je suis la seule à vous parler de vos sourcils ?", demande Karine Le Marchand à un François Fillon plus détendu, depuis le jardin où l’animatrice a tourné son portrait pour "Une ambition intime", son émission controversée. "J’aime bien les choses naturelles", répond l’intéressé. Au cours de l’entretien, l’ancien Premier ministre se dévoile, moins rigide qu’on ne le supposait, sincère sans en rajouter. Il aura même le regard mouillé à l’évocation de Philippe Seguin, son mentor. Plus drôle, la séquence où après avoir confié sa passion des nouvelles technologies à l’animatrice, il lui fait une démonstration du drone dernier cri qu’il s’est offert pour Noël 2015. Survolera-t-il bientôt les jardins de l’Elysée ?

Troisième débat de la primaire, sur France 2, le 17 novembre

"N’ayez pas peur de contredire les sondages et les médias qui avaient déjà tout arrange à votre place. Ne faites pas de calcul. Ne choisissez pas de votre pour un candidat pour en éliminer un autre", recommande-t-il aux électeurs, face caméra, alors qu’un sondage Odoxa publié le 11 novembre le voit gagner 9 points, avec 20% d’intentions de vote. Lors de ce 3e débat, françois Fillon hausse le ton et s’en prend à David Pujadas. "Vous êtes en train de nous couper la parole sur des sujets absolument fondamentaux", lui reproche-t-il. 


Lorsque le journaliste suggère aux candidats de s’adresser directement les uns aux autres, il renchérit. "C’est tout le problème de la conception que vous avez de ces débats, c’est une conception en terme de spectacle, pas en terme de fond", déplore l’ancien Premier ministre, qui se fait soudain porte-voix d’une partie des électeurs, en froid avec les médias. Le lendemain, à deux jours du scrutin, une enquête Ipsos le donne en tête au premier tour avec 30% des suffrages, devant Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ex-aequo avec 29% des suffrages. On connaît la suite...

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Primaire de la droite : pourquoi François Fillon fait désormais la course en tête

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