Coupe Davis : Yannick Noah, l'équipe de France avec ou sans lui ?

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AVENIR - Dimanche, en menant l'équipe de France au succès en finale face à la Belgique (3-2), Yannick Noah a décroché son troisième Saladier d'argent en tant que capitaine. À 57 ans, et après une campagne éprouvante sportivement et émotionnellement, se pose la question de son futur (ou non) à la tête des Bleus.

Il est venu, il a vu, il a vaincu. Pour son troisième passage sur le banc comme capitaine, Yannick Noah a décroché un nouveau Saladier d'argent. Le troisième pour le cinquantenaire après 1991 et 1996, le premier pour la France après 16 ans d'échecs. Mais alors que les vainqueurs de la Coupe Davis rentrent à Paris ce lundi, la question de l'avenir du lauréat de Roland-Garros 1983 se pose logiquement. Va-t-il claquer la porte ou tentera-t-il de conserver son trophée, une performance qui n'a pas plus été réalisée par les Bleus depuis la fameuse époque des "Mousquetaires", sacrés à six reprises entre 1927 et 1932 ?

Quand on vit des moments comme ça, on a envie que ça recommenceYannick NOAH

Comme souvent avec Noah, impossible de savoir ce qu'il va décider dans un avenir proche. Peut-être parce que lui-même n'a pas encore arrêté sa décision. Dimanche après le sacre tricolore face à la Belgique (3-2), le capitaine français a toutefois donné une certaine tendance. Outre son "À l'année prochaine", lancé au public du stade Pierre-Mauroy de Lille, laissant augurer qu'il allait prolonger l'aventure en équipe de France, il a confirmé à demi-mot être prêt à remettre le couvert l'an prochain si et seulement si tout le monde, du staff technique aux joueurs, est d'accord pour qu'il en soit ainsi : "Je vais parler avec les gars, comme d'habitude. Après chaque saison, on va débriefer. Mais évidemment, si tout le monde me demande de continuer, je continue. On va voir, ça dépend des gars (Pouille s'est prononcé lundi en sa faveur, ndlr). Quand on vit des moments comme ça, on a envie que ça recommence." 

Car l'envie, qui semblait l'avoir fui il y a deux mois et demi lors de la demie face à la Serbie, est revenue. "Je suis motivé, motivé pour continuer à jouer pour les gens que j'aime et continuer à jouer". Des propos qui font écho à ceux de sa campagne Isabelle Campus, interrogée par le JDD avant la finale : "Je sens qu'il y a de fortes chances pour qu'il continue".

Stop ou encore pour Noah ?

Pourtant, à 57 ans, Noah a peut-être envie d'autre chose. Il est peut-être temps pour lui de se poser. Rappelé il y a deux ans pour sauver une équipe de France en perdition, il a vu sa méthode être mise à rude épreuve. Le capitaine a notamment peiné à fédérer des joueurs, plus intéressés par leurs cas individuels que par le collectif. Mais sa bonne étoile ne l'a jamais quitté. Les forfaits de Nishikori, Murray et Djokovic et les absences de Federer et Nadal ont dégagé son horizon jusqu'à la finale et son troisième Saladier d'argent, remporté au forceps aux dépens de la Belgique, qui ne reposait que sur le méritant David Goffin.

Cette fois-ci, fort de ce nouveau succès au panache, il pourrait choisir de s'en aller par la grande porte. Après la victoire de 1991, il avait quitté la chaise suite à une élimination en quarts de finale à Nîmes contre la Suisse. Après la victoire en 1996, il avait connu une sortie de route précoce en Australie mettant fin à son aventure. Les récentes déconvenues de la Suisse et de l'Argentine, lauréates en 2014 et 2016, sorties dès le premier tour lors de l'édition suivante, pourraient le conforter dans cette idée. Mais en éternel compétiteur qu'il est, Yannick Noah devrait selon toute vraisemblance repartir la fleur au fusil.

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