Gaël Monfils aime Roland-Garros mais Roland-Garros aime-t-il Gaël Monfils ?

Gaël Monfils aime Roland-Garros mais Roland-Garros aime-t-il Gaël Monfils ?

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ON A POSÉ LA QUESTION – Gaël Monfils a toujours été quelque peu transcendé par l’ambiance particulière propre à Roland-Garros. Mais, à sonder le public de la Porte d’Auteuil avant son 2e tour qu'il dispute ce jeudi contre le Brésilien Monteiro, la réciproque n’est pas forcément vraie.

"J'aime vraiment jouer à Paris. C'est là que j'ai grandi. Je m'y sens bien. Roland-Garros décuple toujours mon énergie. A chaque fois, j'arrive à développer un super tennis." Cette déclaration d’amour de Gaël Monfils date de 2014, juste après avoir décroché une improbable qualification pour les quarts de finale des Internationaux de France.


Mais le joueur français, opposé ce jeudi au Brésilien Monteiro pour le compte du 2e tour, n’avait plus foulé la terre battue parisienne depuis deux ans. Et avant de battre Dustin Brown lors de son entrée en lice ce mardi, il n’avait plus gagné un match depuis le mois de mars, la faute à des blessures au genou et au tendon d'Achille. Et pourtant demeure l’espoir un peu fou de le voir une nouvelle fois poursuivre jusqu’en 2e semaine. Grâce à l’appui du public ?

"Un Grand Chelem, ce n’est pas un cirque"

La question mérite d’être posée alors que le style spectaculaire du Titi parisien semble être en contradiction totale avec le côté "bon chic bon genre" des spectateurs habitués des courts de la Porte d’Auteuil. Ainsi, aux alentours du Suzanne-Lenglen mardi, nous n'en avons pas trouvé un seul qui était venu pour le voir jouer. "Moi, c’est Wawrinka que j’étais impatiente de voir, nous lâche Jennifer, la trentaine souriante entre ses boucles brunes, sous son chapeau de paille blanc. Après, je vais quand même rester pour regarder Monfils, parce que c’est vrai qu’il se passe toujours quelque chose dans ses matches.". 


Face à Brown, effectivement, le Français a fait le show, répondant aux extravagances de l’Allemand par des amorties depuis le fond de court ou des revers long de ligne baroques.

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Les spectateurs, toutefois, sont restés dubitatifs à leur sortie du stade. "C’est toujours pareil avec lui. Il fait le clown mais on ne sait pas ce qu’il vaut. Moi, je préfèrerais qu’il soit moins drôle mais qu’il gagne plus souvent", soupirait l’impitoyable Philippe, 38 ans, dont la belle chemise rayée affichait des auréoles n’ayant rien d’angéliques. Même son de cloche du côté de Lionel, tempes grisonnantes et sourcils froncés à l’écoute de nos interrogations : "J’aime voir jouer les Français quand je viens. Mais avec lui, je ne suis jamais complètement enthousiaste. Le spectacle, ça passe par de beaux échanges, et ça implique une maîtrise que souvent il n’a pas. Un Grand Chelem, ce n’est pas un cirque. Peut-être qu’il me fera mentir cette année, mais j’en doute. Il dégage toujours une espèce de je-m’en-foutisme."

Ses proches, M. Pokora et Miss Univers

Monfils, pour conquérir les cœurs, devra donc attendre que le niveau de l’adversité s’élève, et répondre présent. Son entraîneur, Mickaël Tillström, confirme : "Ce n’est pas forcément une question de tennis. Son jeu reviendra. Le plus important, pour lui, c’est de se reconditionner mentalement en se mettant dans la peau d’un joueur qui gagne." La seule condition pour s’accaparer l’appui total d’un public qui ne lâche jamais ses représentants. L’impopulaire Benoît Paire, laminé par Rafael Nadal et néanmoins acclamé par le Lenglen, peut en témoigner. Comme le jeune Laurent Lokoli, dont le manque de fair-play (il a refusé de serrer de son adversaire) ne lui a même pas attiré les foudres des spectateurs présents… 

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Pour le reste, Monfils pourra au moins toujours compter sur un soutien sans faille de ses proches. Ils étaient une bonne cinquantaine mardi, parmi lesquels M Pokora et Miss Univers. Car oui, c’est aussi ça, le public de Roland...

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