Open d'Australie : pourquoi la victoire de Federer face à Nadal entre déjà dans les livres d'histoire

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TENNIS - Au terme d'une finale éblouissante dimanche matin, le Suisse a remporté à 35 ans son 18e titre de Grand Chelem. Un succès incroyable, surtout après ce qu'a vécu Roger Federer ces derniers mois.

Un choc des titans

Après avoir surdominé le tennis mondial depuis les début des années 2000, Roger Federer et Rafael Nadal sont tous deux sortis du Top 5 l'été dernier. Une première depuis plus de 10 ans ! Mais pour la première levée de Grand Chelem de l'année, après plusieurs mois sans compétition à cause de blessures, le Suisse et l'Espagnol ont prouvé qu'on pouvait toujours compter sur les "revenants". Car durant cette finale, les deux anciens n° 1 mondial ont livré une performance de très haut niveau, produisant par séquence un tennis de rêve et offrant surtout une finale à suspens. Car si Federer l'a emporté, passant ainsi de la 17e à la 10e place à l'ATP, longtemps ce match des légendes a été indécis. Après sa défaite en 5 manches et 3 h 37 de grand spectacle (4-6, 6-3, 1-6, 6-3, 3-6), Nadal a d'ailleurs immédiatement salué son meilleur adversaire : "Bravo, tu as travaillé dur pour ton fabuleux retour". Il faut dire que c'était la neuvième finale de Grand Chelem entre les deux hommes, et que jusque-là l'Espagnol menait 6-2. Mais c'était avant le nouveau Federer version 2017.

Un dur retour

La fin d'un an de galère. Blessé au genou droit lors de la précédente édition de l'Open d'Australie, Federer a ensuite trainé pendant de longs mois sa peine. Arpès une pause, il attend le printemps pour revenir à Monaco avant d'à nouveau se blesser, mais au dos cette fois. Un nouveau coup dur qui le contraint à déclarer forfait pour Roland-Garros, une première en Grand Chelem depuis le début de sa carrière. La stratégie de se préserver pour Wimbledon est d'abord payante, il y atteint les demi-finales, mais ne viendra pas sauver sa fin de saison : le 26 juillet, il doit annoncer son retrait à cause d'une rechute au genou et tire donc un trait sur les JO de Rio. Pendant six mois, alors qu'il dégringole au classement ATP et sort du Top 10 en novembre (une première depuis 2002), le Suisse ne lâche pourtant rien dans les séances d'entraînement qu'il s'inflige. Efforts payants, puisqu'à 35 ans, il devient le plus vieux vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem dans l'ère Open (1968). Et s'il affirmait après sa victoire qu'il n'aurait pas cru ça possible "il y a encore quelques semaines" et qu'il aurait "été content de faire match nul ce soir et de partager le trophée avec Rafa", c'est bien Roger qui acte superbement son retour au sommet.

Un peu plus dans la légende

Déjà considéré comme l'un des tout meilleurs, si ce n'est le meilleur, joueur de l'histoire, Roger Federer était en tout cas avant cette finale celui qui avait remporté le plus de tournois du Grand Chelem. Dix-sept sacres, devant Pete Sampras (14) et Novak Djokovic (12), et désormais 18, qui permettent au Suisse d'imprimer encore un peu plus sa marque dans les annales de la discipline. Car clairement, entre les perspectives qu'ouvrent désormais son retour au premier plan et le jeu qu'il a pratiqué en Australie, il aurait en effet pu largement défendre ses chances face à Djokovic ou Andy Murray sortis prématurément, Federer peut maintenant viser de nouveaux titres Grand Chelem dans les mois à venir. D'autant que d'ici mai prochain, et le prochain Roland-Garros, le Suisse a le temps de digérer cette victoire et l'énergie employée. Et pourquoi pas, d'ici-là, empocher encore quelques tournois majeurs pour atteindre puis dépasser la mythique barre des 90 titres remportés. Vraiment impressionnant.

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