Pourquoi Gasquet a raison de critiquer Roland-Garros

TENNIS

TENNIS - Sorti en quart de final par un Andy Murray trop fort pour lui mercredi, le Français a estimé jeudi matin sur Europe 1 que Roland-Garros n'était "pas du tout au niveau d'un tournoi du Grand Chelem". Un constat que partagent pas mal d'acteurs du tennis mondial.

Un décalage flagrant. Si depuis plusieurs années le tournoi parisien parvenait à faire illusion et pouvait se contenter de reprogrammations plus ou moins confortables pour assurer son bon déroulement, les intempéries quasi continues qui touchent cette édition ont mis en lumière une évidence : Roland-Garros a un besoin urgent de se moderniser. C'est le constat d'ailleurs dressé jeudi matin par Richard Gasquet sur Europe 1

"Ils (Roland-Garros et l'organisation) ne sont pas du tout au niveau d'un tournoi du Grand Chelem, a notamment lâché celui qui vient d'être sorti en quarts de finale. Les Grand Chelem, c'est le haut de l'affiche. Que ce soit à Melbourne, à Wimbledon, c'est fabuleux. Un toit mettrait Roland-Garros à ce niveau-là".

"On est un peu serré à Roland-Garros"

Cette problématique d'un court indoor, suspendue à la décision du Conseil d’Etat qui doit relancer ou non le chantier d'extension du site de la porte d'Auteuil, a d'ailleurs été mise sur la table par Guy Forget, le patron du tournoi, dès les premières gouttes de pluie en début de quinzaine. Reste que ce n'est pas le seul grief qu'ont les joueurs et leur staff à l'encontre du Grand Chelem parisien. Car si effectivement, par mauvais temps, certains ont été obligés de jouer son la pluie pour tenir le calendrier, le reproche qui revient en boucle est le manque de place. Même sous le soleil...

"C'est dommage parce que c'est un tournoi que tout le monde adore, mais c'est vrai qu'on est un peu serré, nous confie Sergi Bruguera, vainqueur à Paris en 1991 et 1995, désormais coach de Gasquet. Comme il y a de plus en plus de monde autour des joueurs, les practices (terrains d'entraînement) et le players lounge (là où les joueurs peuvent se restaurer, se détendre) sont vite pleins". Un souci de place que l'organisation compte bien résoudre avec son projet d'extension, même s'il est impossible d'atteindre la superficie de l'Open d'Australie (dans Melbourne, mais loin du centre) ou de l'US Open (dans le quartier de Flushing Meadow, en extérieur du centre de New York).

Le "charme de Roland-Garros" va finir par ne plus faire effet

"C'est sûr que c'est un avantage pour ces tournois, mais nous, on a décidé de rester dans Paris, à 10 minutes des Champs-Elysées, donc, maintenant, il faut assumer", estime de son côté Henri Leconte. "Un écrin", comme l'appelle Forget, qu'il faut préserver mais dont il faut à tout prix accélérer la mutation, sous peine de le voir se ringardiser par rapport à la concurrence.

"Mais c'est déjà le cas ! On est loin derrière, et depuis un moment..., assure Sam Sumyk, l'entraîneur français de Garbine Muguruza. En termes de confort, c'est quand assez limité ici. Après on s'adapte, on fait pas les pleureuses, mais j'espère qu'ils vont vite obtenir les autorisations pour redémarrer les travaux". Sous peine de voir le célèbre "charme de Roland-Garros", que ressort la FFT à chaque couac pour faire taire les critiques, s'effriter en même temps que sa réputation. 

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