Rayane Roumane : l’avenir du tennis français est-il en marche ?

TENNIS
DirectLCI
TENNIS - Vainqueur du tournoi des Petits As en 2014, ce jeune Parisien de 14 ans est annoncé comme un des futurs cracks du tennis international. A l’occasion d’un camp d’entraînement organisé à Nice par son équipementier Tecnifibre, metronews a pu aller à la rencontre de Rayane Roumane.

Encore en gestation. Avoir 14 ans et jouer un tennis d’adulte alimente les plus grands rêves. Avoir 14 ans et remporter le tournoi des Petits As nourrit certaines ambitions. Mais avoir 14 ans, c’est aussi avoir les problèmes qui vont avec son âge. Déjà très grand (1,90 m), Rayane Roumane est en effet obligé d’aligner sa progression sur sa courbe de croissance. Quand son squelette élancé tire ou coince, il ne doit plus taper. “Son point faible, c’est encore le physique, nous explique Norsalam le père du jeune surdoué. Il ne peut pas jouer plus d’une 1 h 30 par jour, car son corps ne lui permet pas l’instant. Sinon, au bout d’un mois, il doit aller à l’hostéo”.

Fragile mais déjà tellement fort, Rayane, s’il évolue bien, peut clairement aspirer à devenir professionnel dans quelques années, et pas dans le coin des joueurs moyens. Jérémy Chardy, 8e de finaliste à Roland-Garros cette année et qui a eu l’occasion d’échanger quelques balles avec le garçon à Nice en avril dernier, avoue être impressionné : “Il frappe bien des deux côtés et c’est déjà très lourd, raconte le n° 45 mondial. A son âge, je ne jouais pas comme ça, c’est sûr… Après, il est très jeune et le chemin est long jusqu’au haut niveau”.

Avec la Fédé, pour l'instant ça coince un peu

Une prudence aussi partagée par l’intéressé. “C’est difficile de savoir ce qui va m’arriver par la suite, concède à metronews Rayane Roumane. Ce que je sais, c’est qu’il faut garder la tête froide et ne pas s’enflammer parce que j’ai gagné les Petits As”. Car au palmarès de ce révélateur de futurs talents, des grands noms (Michael Chang, Richard Gasquet, Rafael Nadal…) mais aussi des garçons qui n’ont pas percé (Maxime Boye, Miha Gregorc, Carlos Boluda…). Et pour ne pas suivre la voie du second groupe, Rayane travaille dur. “Les gens qui voient ça de l’extérieur pensent que c’est trop, explique encore son père. Mais il n’y qu’en étant exigeant que l’on atteint un jour le haut niveau”.

Seul à s’occuper de son fils, Norsalam Roumane prend tout de même des conseils auprès d’entraîneurs, de clubs de la région parisienne et d’anciens joueurs. Mais trouver une structure professionnelle pour encadrer la progression et l’évolution physique du jeune joueur est maintenant devenu une étape indispensable. “J’espère que dans les mois qui viennent, on va trouver une solution avec la Fédération française de tennis, nous dit Norsalam. Sinon, je vais devoir aller voir ailleurs pour qu’il continue d’avancer. C’est juste une affaire de confiance”.

"Je ne fais pas attention à ce qui se dit autour de moi"

Vu le potentiel du gamin et l’état actuel du tennis tricolore, dans lequel on commence à se faire à l’idée que Tsonga, Gasquet, Monfils ou Simon vont avoir du mal à remporter un Grand Chelem et que derrière ces “Quatre mousquetaires”, hors le jeune Quentin Halys (18 ans, sorti par Nadal au premier tour de Roland), la relève ne semble pas au rendez-vous, il serait de bon ton de se pencher rapidement sur la génération encore en dessous. Celle de Rayane.

Nicolas Escudé, DTN du tennis français, est allé voir le jouer gamin il y a à peine quelques semaines. Et malgré une prise d’information tardive, il a vite vu le talent du jeune Français. “Moi je ne fais pas attention à ce qui se dit ou se passe autour de moi. C'est mon père qui s'en occupe, nous explique encore Rayane Roumane. Tout ce qui m'intéresse, c'est le jeu". Soit la meilleure façon de ne pas décevoir les espoirs placés en soi. 

EN SAVOIR + 
>> 
Suivez tous les matches de samedi sur notre live
>>  Retrouvez toute l'actualité de Roland-Garros sur notre page spéciale
  

Lire et commenter