Roland-Garros : Djokovic entre dans l'histoire, et ce n'est sans doute qu'un début...

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TENNIS - Impressionnant de maîtrise face à Andy Murray en finale (3-6, 6-1, 6-2, 6-4), le n° 1 mondial s'est enfin imposé à Paris pour la première fois. Venant de remporter tous les Grand Chelem à la suite, Novak Djokovic vise maintenant le record de titres de Roger Federer.

Comme béni des dieux. Au moment où Novak Djokovic a commencé à tracer sur la terre battue du central un cœur à la Gustavo Kuerten, les nuages, qui ont pourtant plombé l'ambiance de ce Roland-Garros pendant toute la quinzaine, se sont soudainement écartés. Et pour la première fois depuis le début du tournoi, au moment où le Serbe soulevait enfin la Coupe des Mousquetaires après trois échecs en finale, le soleil est apparu sur le Chatrier. Une sorte de scène un peu mystique, comme la conférence de presse de Djokovic , qui a évoqué après la rencontre "une vraie connexion avec le public" mais aussi "une sensation étrange", comme si par moments durant cette finale, il se trouvait "hors de [son] corps"...

Il faut dire qu'à l'instant où le n° 1 mondial vivait ce "moment de grâce", comme l'a décrit Guy Forget, il basculait aussi dans l'histoire du tennis. Puisqu'il intègre le cercle très fermé des joueurs ayant remporté les quatre tournois du Grand Chelem (comme Fred Perry, Andre Agassi, Roger Federer ou Rafael Nadal...). Surtout, Djoko a réussi l'exploit de gagner Wimbledon, l'US Open, l'Open d'Australie et Roland-Garros à la suite, ce qui n'était plus arrivé depuis Rod Laver en 1969 (même si l'Australien l'a fait sur la saison). La performance est déjà énorme, mais tout le monde s'accorde sur le fait que, vu le niveau de jeu et l'âge du Serbe (29 ans), il pourrait encore noircir plus de pages dans annales. L'intéressé ne s'est d'ailleurs pas caché pour dire qu'il jugeait "possible" le fait de remporter les quatre tournois majeurs durant la même année et qu'il se sentait "prêt à le faire". 

"Maintenant, c'est sûr, il fait partie des meilleurs de l'histoire"

En ligne de mire aussi pour Novak, le record de titres en Grand Chelem, détenu par Roger Federer depuis 2012 (17), lui qui pointe désormais à 12. "S'il continue sur sa cadence, au rythme de deux ou trois tournois par an, je le sens capable de le faire, avance Forget. Après, il faut que Novak ne connaisse pas de blessure, comme l'a vécu Nadal", qui reste à 14 Grand Chelem.  Dans le clan du champion, on se refuse pour l'instant à parler de cette éventualité. "Ce que l'on peut dire ce soir (dimanche), c'est que maintenant, c'est sûr, il fait partie des meilleurs de l'histoire, explique Marian Vajda, son coach. Il n'a jamais parlé de ce record de 17 titres, pour l'instant il en a 12 et c'est déjà incroyable".

Reste qu'évidemment, le joueur veut laisser une trace indélébile dans son sport, et pour ce faire, il devra aller chercher l'Espagnol puis le Suisse au palmarès. Et si pendant longtemps, Djokovic n'était "pas content d'être tombé dans la même ère qu'eux", aujourd'hui, il relativise. Car cette concurrence féroce l'a évidemment fait progresser. Tellement que la prédiction faite il y a quelque années par Stan Wawrinka pourrait bien se réaliser : "A force que Nadal et Federer se regardent dans le blanc des yeux pour savoir qui sera le meilleur joueur de l'histoire, c'est le troisième (Djokovic, ndlr) qui va y arriver". 

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