Roland-Garros : Garbine Muguruza, cette favorite qui s'ignore

TENNIS
TENNIS - Impressionnante depuis le début du tournoi, l'Espagnole (22 ans, n° 4) pourrait bien faire vaciller une Serena Williams diminuée samedi en finale. Un statut que Garbine Muguruza, qui a battu Samantha Stosur (n° 22) en demie vendredi, peine encore à pleinement assumer.

"Je ne suis pas favorite". C'est ainsi que Garbine Muguruza a tenté de rejeter la pression que tentait déjà de mettre sur ses épaules la presse, dès sa victoire en quart de finale face à Shelby Rogers (n° 108) mercredi (6-3, 6-4). Une qualification en forme de formalité, tout comme sa démonstration en demi-finale face à Stosur (6-2, 6-4), à l'image de son parcours presque sans faute (elle n'a lâché qu'un jeu au premier tour contre Anna Karolina Schmiedlova) depuis qu'elle est arrivée à Paris.

Presque parfait, donc, pour Muguruza, qui n'avait jamais atteint ce stade du tournoi à Roland-Garros, après deux échecs d'affilée en quart ces deux dernières années. Largement suffisant en tout cas pour lui coller l'étiquette de grande rivale de Serena Williams (la n° 1 mondiale qui a battu Kiki Bertens en demie ce vendredi), voire de candidate pour une victoire finale porte d'Auteuil samedi. Car, pour mémoire, l'Espagnole avait battu l'Américaine au deuxième tour en 2014...

"C'est beaucoup trop prématuré, explique pourtant à metronews son entraîneur, le Français Sam Sumy. Les médias vont trop vite avec elle". Il faut dire l'ancien coach de Vera Zvonareva, de Victoria Azarenka ou d'Eugenie Bouchard, sait comment sa protégée peut mal réagir sous tension, lui qui l'a récupérée en pleine phase de sur-décompression après sa finale perdue à Wimbledon il y a bientôt un an. Face à Serena, d'ailleurs...

Programmée "pour gagner Roland-Garros"

Depuis, l'Espagnole s'est remise petit à petit à l'endroit, avec notamment une demi-finale à Rome, sur terre battue, sa surface de jeu naturelle. Car cette fille d'une mère vénézuélienne (elle est d'ailleurs née à Caracas) et d'un espagnol a fait ses gammes dans l'académie du très terrien Sergi Bruguera. "Dès le début, on a vu qu'elle avait vraiment quelque chose de spécial dans son jeu, nous confie celui qui l'a vue arriver à l'adolescence. Elle avance très bien mais elle va aller encore plus haut car elle a tout : le tennis, le physique et le mental". Programmée pour "un jour gagner Roland-Garros", d'après Marion Bartoli, Muguruza en prend effectivement bien le chemin.

Et même si son entraîneur s'évertue à calmer un peu tout le monde, il s'incline devant les capacités et la force de travail de sa protégée : "C’est facile de bosser avec Garbine, car elle a une grosse détermination, un gros caractère mais dans le bon sens, explique-t-il. Quand en tant qu'entraîneur vous avez une joueuse comme ça entre les mains, il faut plus la freiner qu'autre chose". Pas trop quand même, car Muguruza a encore un sacré virage à négocier avant de toucher au but. Puis de confirmer et d'assumer tout le bien que tout le monde pense d'elle. 

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