Roland-Garros : la victoire de Wawrinka ou la prime à l'effort

TENNIS

TENNIS – Flamboyant vainqueur des Internationaux de France face à l’ultra-favori Novak Djokovic dimanche (4/6, 6/4, 6/3, 6/4), le Suisse intègre le club très fermé des joueurs en activité ayant gagné deux Grands Chelem différents. Un sacre qui vient aussi récompenser l'énorme force de travail de Stanislas Wawrinka, pas forcément destiné à tutoyer les sommets.

Sa plus belle revanche. Trop souvent sous-estimé par les observateurs qui ne semblent vouloir lui accorder qu'une incroyable puissance physique, Stanislas Wawrinka (30 ans) a prouvé avec sa victoire à Roland-Garros dimanche qu'il n'était pas qu'un "bison" (son surnom). Capable de développer un tennis lourd, technique, varié et précis, le Suisse, qui a complètement éteint Novak Djokovic en finale (4-6, 6-4, 6-3, 6-4), a aussi montré que son premier titre de Grand Chelem (en Australie l'an dernier) ne devait rien au hasard. Plus inattendue, en revanche, la trajectoire du natif de Lausanne qui a longtemps évolué dans l'ombre de son compatriote Roger Federer et qui, pendant de nombreuses années, peinait à se maintenir dans le Top 20 mondial (il n'a intégré le Top 10 qu'en 2013, à 28 ans).

Au sortir de la victoire de Wawrinka sur Jo-Wilfried Tsonga en demi-finale vendredi, Arnaud Di Pasquale n'en revenait d'ailleurs toujours pas. "A un moment dans le match, je me suis dit que je n'aurais jamais pensé Stan capable d'atteindre ce niveau et de faire cette carrière, expliquait le DTN du tennis français à metronews. Sa qualité de frappe est incroyable, même 'Jo', qui est costaud, on avait l'impression qu'il se cassait le bras pour renvoyer. En face, c'est monumental, ce sont des tonnes qui vous arrivent dessus". Une force de frappe "phénoménale", admettait même Djokovic après sa défaite en finale, que le Suisse a dompté à force d'entraînement.

"Merci pour les coups de pied au cul"

Dans la frustration et dans l'épreuve, celui qui "préfère bosser plutôt que de pleurnicher" a encaissé sans broncher des heures et des heures de travail sous les ordres de Magnus Norman (ancien n° 2 mondial), son coach depuis 2013 et élément-déclencheur de sa progression fulgurante. C'est d'ailleurs à l'ancien finaliste de Roland-Garros en 2000, et à son clan, que Stan "The Man" a dédié sa victoire parisienne, en les remerciant pour "les coups de pied au cul" qu'ils lui avaient donnés.

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Ce succès s'est aussi construit dans l'adversité – ce n'est sans doute d'ailleurs pas un hasard si Wawrinka remporte son second titre du Grand Chelem après plusieurs mois compliqués à cause d'un divorce douloureux –, sur une terre où il devait être honni après sa victoire face à l'équipe de France de Coupe Davis en novembre dernier.

D'ailleurs, le public qui l'avait probablement trouvé un peu trop chambreur et arrogant à Lille, n'a pas hésité à le siffler face à Gilles Simon en 8es de finale. Ce sont les mêmes qui, sur le Philippe-Chatrier, se sont ensuite inclinés devant sa supériorité face à Tsonga en demie, avant de finir par saluer, dimanche en finale, son immense talent. Preuve que le travail finit toujours par payer. 

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