Roland-Garros : le tennis ne veut pas d’un dérapage à la Serge Aurier sur les réseaux sociaux

TENNIS

COMM' – Bien conscient que leur image se joue aujourd’hui aussi en dehors des courts, donc essentiellement dans les médias mais aussi sur la toile, tous les joueurs la façonne sur Facebook, Twitter, Snapchat ou Periscope. Reste que l’exercice est parfois risqué, comme en ont fait l’amère expérience certains sportifs dans d’autres disciplines. Alors, plusieurs acteurs du tennis ont décidé de sensibiliser les jeunes champions à la pratique du Web.

Attention à la glissade. Si les courts détrempés par la pluie de Roland-Garros ont fait craindre des blessures aux joueurs ces derniers jours, un autre terrain de jeu s’avère, lui, encore plus périlleux. Il est virtuel mais aux conséquences bien réelles, et s’appelle les réseaux sociaux. Tout le monde a évidemment en mémoire l’épisode polémique de Serge Aurier en février dernier sur Periscope , où le défenseur du PSG, depuis empêtré dans une autre affaire de violence contre un policier, avait insulté son entraîneur. L'exemple parfait de ce que le tennis ne veut pas avoir à gérer dans ses rangs.

"Il faut porter un vrai regard sur ce que publie l’athlète sur ses comptes, raconte à metronews Fabien Paget, fondateur de O2 Management et qui gère notamment les intérêts de Quentin Halys, de Pierre-Hugues Herbert et même de Serena Willams en Europe. Je le fais en cohérence avec lui, mais à partir du moment où tu gères l’image d’un champion, tu dois aussi avoir la maîtrise de celle qu’il se construit sur le digital". Un souci de vigilance partagé par l’équipementier français Tecnifibre, qui pour la seconde année a lancé son concours Youg Guns (avec 50.000 dollars à la clé) afin d'inciter ses jeunes sous contrats à jouer le jeu des réseaux. Mais pas n’importe comment.

"Il faut faire attention aux live, car on est sans filet"

En avril dernier, la marque a en effet organisé une cession de média training pour les quatre candidats en lice (Grégoire Barrere, Mitchel Krueger, Omar Jasika et Danil Medvedev), durant laquelle ils ont pu discuter avec des spécialistes de la communication. Parmi les conseils pratiques donnés par l’agence MNSTR, "ne pas montrer que les côtés privilégiés de sa vie de joueur de haut niveau, montrer aussi qu’on se bat tous les jours pour arriver au sommet", "partager les bons mais aussi les mauvais moments de son quotidien", "interagir avec les fans", "parler de ses hobbies, pour montrer qu’on n’est pas que joueur de tennis" et surtout, "faire attention aux live, car c’est sans filet"...

Autant de recommandations que le jeune Français Grégoire Barrere (22 ans, n° 242) compte bien prendre en compte, même s’il s’estime plutôt à l’aise avec les réseaux sociaux. "Il faut jouer le jeu, les gens ont de plus en plus envie de suivre les joueurs au jour le jour, de voir comment on vit, estime celui qui a été éliminé au premier tour de Roland-Garros par David Goffin (n° 13). Je n’ai pas de problème avec ça, c’est de mon âge en plus. Et puis je sais que je ne vais pas aller faire n’importe quoi sur Internet. Je suis plutôt quelqu’un de posé dans la vie, donc je ne me vois déraper sur les réseaux sociaux".

Un "kit de survie" médiatique pour éviter les bad buzz et les polémiques

Reste qu’en dehors des trajectoires individuelles et des traits de personnalité, la grande majorité des sportifs de haut niveau ont un vrai déficit de formation en communication, ce qui peut leur être préjudiciable. "Ce sont des profils à qui on n’a pas appris à formaliser un discours et à le livrer à un auditoire, détaille Laëtitia Chaucesse, formatrice en prise de parole publique auprès du cabinet Netcast Conseil et qui est intervenue auprès des joueurs Tecnifibre. En plus c’est un public plutôt jeune, qui ne peut donc pas capitaliser sur beaucoup d’expérience et dont la scolarité est parfois passée au second plan, derrière le sport".

Mise en situation et interviews de plus en plus corsées, tout y passe pour prendre conscience aux sportifs qu’ils ne doivent pas subir mais maîtriser leur comm’ et qu’ils doivent arriver avec un message et ne pas en livrer un autre s’ils n’en ont pas envie. Une sorte de "kit de survie" médiatique pour éviter les bad buzz et les polémiques. Un package dont certains footballeurs auraient bien besoin par les temps qui courent…

À LIRE AUSSI
>> EN DIRECT - Enfin l'heure de Gasquet ?
>> Toute l'actu de Roland-Garros

Lire et commenter