Le père d'une victime de Merah appelle Macron à refuser le retour des djihadistes français, "criminelle décision"

Terrorisme

"M. LE PRESIDENT, JE VOUS FAIS UNE LETTRE..." - Evoquant une "criminelle décision" dans une lettre ouverte publiée sur Facebook, Albert Chennouf-Meyer, père d’Abel, l'une des sept personnes tuées par Mohamed Merah en 2012, implore le chef de l’Etat d'empêcher le rapatriement des djihadistes français détenus en Syrie.

"Je tiens à m’élever de toutes mes forces contre cette criminelle décision" : c’est notamment par ces mots qu’Albert Chennouf-Meyer, père de l'une des sept victimes du terroriste toulousain Mohamed Merah, appelle Emmanuel Macron ce samedi à empêcher le retour des djihadistes français actuellement retenus par les forces kurdes en Syrie, auquel Paris songerait en raison du retrait des troupes américaines. 

"Monsieur le Président, vous allez dans les semaines à venir, à moins que c’est déjà fait, faire revenir 130 djihadistes français, dont une partie ont les mains rouges du sang de nos enfants. Je tiens à m'élever de toutes mes forces contre cette  criminelle décision", écrit-t-il dans cette lettre ouverte publiée sur sa page Facebook et adressée, affirme-t-il, à la Présidence.

"Je vous demande solennellement de surseoir à cette décision, voire de refuser leur retour et (de) les confier à la Syrie, pays souverain et apte à les juger", poursuit-il, estimant que le "devoir premier" du président est de "protéger le peuple". 

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Le cas de Quentin Le Brun

Les 11 et 15 mars 2012, Mohamed Merah avait tué par balles trois militaires à Toulouse et Montauban, dont le fils d'Albert Chennouf-Meyer, Abel, 25 ans. Puis, le 19 mars, il avait exécuté trois enfants et un enseignant dans une école juive de la Ville rose. "Vous n'êtes pas sans savoir que parmi les islamistes de retour, il y a des individus qui ont contribué à aider le terroriste musulman Mohamed Merah", affirme Albert Chennouf-Meyer, citant "plus particulièrement" le cas de Quentin Le Brun. 

    

Ce jeune Tarnais, parti en 2014 en Syrie, est considéré comme un propagandiste de Daech, selon les enquêteurs. Pour la  justice française, il était proche de la nébuleuse djihadiste toulousaine dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, les "voix" de la revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, fomentés par l'organisation terroriste. Récemment, un envoyé spécial de Paris Match avait pu le rencontrer, retenu dans un camp des Forces démocratiques syriennes(FDS), alliance arabo-kurde soutenue par Washington.     

Un peu plus de 70 hommes et femmes concernés

L'épineux dossier du retour des Français retenus par les forces kurdes en Syrie a resurgi avec l'annonce du retrait américain de la zone. Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s'évanouir dans la nature. 

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Selon nos informations, 76 individus - hommes et femmes, sans compter les enfants - emprisonnés en zone irako-syrienne, dont une cinquantaine en Syrie par les forces kurdes, pourraient ainsi être rapatriés en France dans les prochaines semaines pour y être jugés.

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