Attentat de Conflans : qui sont les suspects mis en examen ?

L'enquête progresse, au sixième jour après l'assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Mercredi soir, le parquet antiterroriste a annoncé la mise en examen de sept suspects liés à l'enquête pour "complicité d'assassinat terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste". Parmi eux, cinq adultes et deux mineurs. Mais quel a été précisément leur rôle ?

CONFLANS - Sept suspects liés à l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty ont été mis en examen, dans la soirée du mercredi 21 octobre. Parmi eux, deux mineurs doivent répondre du chef de complicité d'assassinat terroriste.

L'enquête progresse, au cinquième jour après l'assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Ce mercredi soir, le parquet antiterroriste a annoncé la mise en examen de 7 suspects liés à l'enquête pour "complicité d'assassinat terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste". Les enquêteurs cherchent à déterminer si le tueur, Abdouallakh Anzorov, a pu bénéficier d'une aide avant de décapiter le professeur d'histoire-géographie de 47 ans. 

Parmi les suspects, deux hommes que l'enquête désigne comme étant à l'origine de la polémique sur Internet ayant précédé le meurtre, le parent d'élève Brahim Chnina et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui. Tous deux sont accusés d'avoir "nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux"  l'enseignant "au moyen d'une manœuvre et d'une réinterprétation des faits", a détaillé le procureur antiterroriste Jean-François Ricard lors d'un point presse. 

Deux amis de l'assaillant, Naim B. et Azim E., ont également été mis en examen pour "complicité d'assassinat terroriste". Un troisième proche, Yussu C., est lui poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes". Tous ont été placés en détention provisoire, sauf un, qui attend encore d'être fixé sur son sort. 

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 Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui avaient appelé à se mobiliser contre Samuel Paty après son cours du 6 octobre sur la liberté d'expression, où des caricatures de Mahomet ont été montrées aux élèves. L'assaillant Abdoullakh Anzorov se serait "directement inspiré des messages diffusés par Brahim Chnina", a assuré le procureur. L'enquête a par ailleurs révélé l'existence de plusieurs contacts téléphoniques et écrits entre Brahim Chnina et l'assaillant entre le 9 et le 13 octobre. Le père d'élève s'est défendu en assurant "avoir reçu des messages de soutien d'individus divers dont Anzorov dont il ne se souvenait pas spécifiquement"

"Il y a des commanditaires qui sont derrière cet attentat et qui sont certainement ravis de voir que l'enquête se focalise sur des comparses périphériques, qui n'ont jamais voulu une telle horreur", a réagi l'avocat de Abdelhakim Sefrioui mercredi. "[Il] n'avait aucune idée de ce qui allait se passer, il n'y a eu aucun contact entre eux, rien ne dit même qu'Anzorov ait vu sa vidéo."

Deux collégiens mis en examen

Enfin, a indiqué le procureur, l'identification de Samuel Paty par le tueur "n'a été rendue possible que grâce à l'intervention de deux collégiens" de 14 et 15 ans, eux aussi mis en examen pour "complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste". Le parquet indique cependant qu'ils ont été laissés en liberté, sous contrôle judiciaire. Les deux adolescents sont accusés "de s'être maintenus en présence directe et prolongée d'Abdoullakh Anzorov l'après-midi du 16 octobre" et d’avoir désigné l’enseignant en échange d’une "somme de 300 ou 350 euros", a expliqué Jean-François Ricard, en détaillant la chronologie des faits.

 "A son arrivée aux abords du collège vers 14h, Abdoullakh Anzorov cherchait à identifier" le professeur, en s'adressant aux jeunes. "Ce dernier leur a déclaré avoir l'intention de filmer le professeur, de l'obliger à demander pardon pour la caricature du prophète, de l'humilier, de le frapper". Vers 17h, "plusieurs adolescents désignèrent" le professeur au moment où il s'apprêtait à quitter le collège. Le tueur aurait remit la somme à l'un des collégiens avant de se lancer "à la poursuite de la victime". 

"Poursuivre deux jeunes dans un dossier terroriste, qui plus est criminel, n'est pas une chose inédite mais interroge", a conclu Jean-François Ricard. Selon le procureur antiterroriste, la mort de Samuel Paty s'inscrit dans"un contexte d'appels aux meurtres", lancés depuis la republication des caricatures de Charlie Hebdo début septembre et à l'approche du procès des attentats de janvier 2015. 

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