Combien de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur sont-ils suivis pour radicalisation ?

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

ISLAMISME - La radicalisation de Mickaël Harpon, agent administratif à la préfecture de police de Paris, est passée inaperçue ou presque. Un dispositif de surveillance existe pourtant, pour suivre les fonctionnaires soupçonnés d’adhérer à un islam radical. Les cas recoupent diverses réalités, entre changement d’apparence et soutien affiché au djihad.

Venue de l’intérieur, l’attaque de la Préfecture de police de Paris, jeudi 3 octobre, a semé le trouble. Mickaël Harpon, agent administratif de la Direction du renseignement de la préfecture radicalisé, a pu passer à l’action sans éveiller aucun soupçon auparavant. Comme lui, combien de fonctionnaires qui ont basculé dans un islam radical attendent leur heure ? 

D’après Le Parisien, ils seraient 19 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur (policiers et agents administratifs) à être actuellement traités par le groupe de suivi de la radicalisation dans la police nationale, créé au sein de l’IGPN (l'Inspection générale de la police national). Au plus fort de l’activité de cette instance, "une trentaine d’agents ont été surveillés sur toute la France", rapporte le quotidien. Ces cas répertoriés recoupent des motifs divers : des comportements sectaires, un changement d’apparence, la consultation indue de fichiers de police, ou encore des propos prosélytes, voire des relations intimes avec des islamistes.

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Six fonctionnaires révoqués

Aujourd’hui d’après Le Parisien, aucun membre d’un service de renseignement n’est suivi, mais par le passé certains ont perdu leur habilitation secret-défense, soupçonnés d’avoir des liens avec des individus radicalisés. La sanction la plus lourde est la révocation : six fonctionnaires ont ainsi été renvoyés. Quatre autres ont démissionné d’eux-mêmes, tandis que d’autres ont été écartés par d’autres voies, comme un non-renouvellement de contrat d’ADS. 

Comme le rappellent nos confrères, le cas le plus emblématique est celui de cet ancien gardien de la paix au Kremlin-Bicêtre, révoqué en 2018 et condamné cet été à six ans de prison pour terrorisme. "Il lui était reproché d'avoir consulté le fichier des personnes poursuivies pour terrorisme pour aider son frère radicalisé". Il y aussi le cas de ce fonctionnaire, révoqué en septembre 2018, qui avait choqué ses collègues en plaisantant sur le bilan de l’attentat de Nice (86 morts le 14 juillet 2016). Si sa démarche pour contester sa sanction n’a pas abouti, d’autres en revanche ont été réintégrés. Certains des cas surveillés sont donc toujours en poste actuellement, à l’image de cet agent près de Lyon, qui a exhibé des vidéos de Mohamed Merah à des camarades lorsqu’il était élève gardien de la paix en 2017.

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Vraies menaces et faux témoignages

Sur les 149.000 policiers et agents qui composent l’Intérieur, le nombre de fonctionnaires radicalisés est sans doute marginal. Les repérer est un casse-tête, d’autant plus qu’aux menaces bien réelles se mêlent des faux témoignages : celui par exemple sur cet agent dont le comportement aurait changé vis-à-vis des femmes depuis sa rencontre avec une Marocaine, qui s’avérera en fait être une simple dénonciation "d’une policière vengeresse".

Convoqué ce mardi 8 octobre devant les députés de la délégation parlementaire au renseignement, Christophe Castaner devra s’expliquer sur les dysfonctionnements qui ont empêché de détecter la menace représentée par Mickaël Harpon.

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