Attaque à la préfecture de police de Paris : Castaner reconnait "des failles" mais exclut de démissionner

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

SECURITE – Trois jours après la tuerie perpétrée dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris, le ministre de l’Intérieur était l’invité ce jeudi du journal télévisé de TF1. Interrogé par Anne-Claire Coudray, Christophe Castaner a reconnu des failles mais a assuré qu’il ne démissionnerait pas.

Cinq morts dont l’assaillant, un blessé grave, de nombreuses personnes traumatisées et… de multiples  interrogations. Trois jours après l’attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, et alors que beaucoup réclament son départ de la place Beauvau, Christophe Castaner était l’invité du journal télévisé de 13 heures de TF1 ce dimanche. 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que, contrairement aux justifications du préfet de police Didier Lallement deux jours plus tôt, le ministre n'a pas cherché à éluder la question "des failles" et des "négligences", posée par Anne-Claire Coudray. "Evidemment, il y a eu des failles. Parce que trois hommes, une femme sont morts sous les coups de l’assaillant. [...] Evidemment qu’il y a eu des dysfonctionnements, quand je regarde et quand on regarde le dossier administratif de l’auteur. Sa procédure d’habilitation au secret-défense, il l’a eue en 2003, elle a été renouvelée depuis systématiquement. Dans son dossier administratif, c’est un agent plutôt bien noté.  C’est ce que j’indiquais dès jeudi. C’est un agent dont on reconnait les qualités. Aucun élément sur une quelconque radicalisation n'apparaît".

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Pourtant, l'enquête laisse apparaître des signes laissant entendre une radicalisation de Mickaël H. Après les attentats de Charlie Hebdo, il se serait réjoui en public du drame, et ce, devant plusieurs collègues. Ces derniers ont indiqué en avoir fait alors part à leur hiérarchie mais sans qu’aucune mesure ne soit prise… "Il va falloir creuser cela. Et c’est le sens de la première mission de l’inspection qu’a demandé le Premier ministre pour comprendre ce qu’il s’est passé et les dysfonctionnements qui se sont passés", a poursuivi Christophe Castaner, qui reconnait que "rien dans son dossier ne laissait paraître cela mais qu’effectivement, certains des collègues de Mickaël H. auraient fait état en juillet 2015 d’un comportement anormal et d’une altercation suite à l’attentat de Charlie Hebdo".

Des membres de la hiérarchie ont-ils failli ? Seront-ils sanctionnés si les faits relatés dans ces témoignages sont confirmés ? "Avant de chercher des sanctions, il faut comprendre. Ce qui compte, c’est de comprendre", a estimé le ministre. Qui rapporte ainsi que ces policiers ont été écoutés par "le policier en charge de la radicalisation. [...] Il leurs a demandé expressément s’ils voulaient faire un signalement administratif pour que justement nous mettions en place un système de criblage qui était absolument nécessaire." Ceux-ci auraient alors décidé de ne pas aller plus loin et "de ne pas faire de signalement. Si ces faits sont confirmés, le dysfonctionnement se fait à ce moment-là". Le patron de Beauvau assure également qu'un suivi de la situation a été effectué, en septembre 2015. Demandant des nouvelles aux collègues qui avaient eu maille à partir avec Mickaël H., le policier en charge de la radicalisation se serait entendu répondre une phrase du type : "Ça va, on gère en interne." 

De quoi faire admettre à Castaner que "si, à ce moment-là, une enquête plus efficace, plus utile, plus approfondie sur la réalité qui était évoquée" avait été réalisée, "nous aurions peut-être évité le pire et cette situation". 

Des conditions de sécurité intérieures à revoir

Quid, également, du maintien, dans ces conditions, de son habilitation secret-défense ? Dans le cas de Mickaël H., cette dernière devait être renouvelée en 2020. Cinq ans après la dernière évaluation. 

Invité à expliquer comment l'arme blanche qui a servi aux meurtres a pu être introduite dans l'enceinte de la préfecture de police, Christophe Castaner a donné des éléments de contexte qui donnaient à penser que la situation était inévitable : "Quand un policier rentre à la préfecture de police, il est généralement armé, il n’est pas fouillé. Dans une entreprise, quand des personnes sont accréditées, elles ne sont pas fouillées." Et d'ouvrir la porte à un renforcement du dispositif de sécurité en interne : "Peut-être nous faudra-t-il renforcer cela, c’est un des sujets sur lesquels le préfet de police va travailler". Un préfet de police qui, vendredi 4 octobre, avait pourtant assuré que "les conditions de sécurité intérieure étaient absolues et n'étaient pas en cause".

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Enfin, après ce drame,  Christophe Castaner compte-t-il démissionner ? "Non, la question ne se pose pas", a rétorqué le ministre. Ce dernier a assuré qu’en arrivant le jour des faits, peu après à la préfecture, il a déclaré à la presse les informations qui lui avaient été transmises. " Je suis arrivé immédiatement sur place, à un moment où nous ne savions même pas qu’il y avait des collègues policiers ou membres de la préfecture de police qui étaient décédés mais je savais qu’un homme avait été abattu par un jeune gardien de la Paix (…) J’ai échangé l’après-midi par la hiérarchie, on m’a dit que cette personne n’avait aucune difficulté comportementale, dans le dossier administratif en tout cas, la preuve c’est que sa notation progressait". 

Le ministre de l'Intérieur doit être entendu en début de semaine par la Délégation parlementaire au renseignement. 

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