"Comme possédé", le "regard vide" : le policier qui a abattu Mickaël Harpon décrit l'assaillant

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

TÉMOIGNAGE - Jonathan, 24 ans, n'était à la préfecture de police que depuis six jours quand, le 3 octobre, un informaticien de la direction du renseignement de la préfecture de police a tué quatre de ses collègues au couteau et blessé une quatrième grièvement. Aux enquêteurs qui l'ont interrogé, le gardien de la paix ia décrit le tueur comme quelqu'un de "déterminé" qui était comme "possédé".

Six jours qu’il avait rejoint l’île de la Cité quand l’inimaginable s’est produit. Jonathan, 24 ans, gardien de la paix stagiaire sortait tout juste de formation et faisait ses premiers pas sur le terrain quand, jeudi 3 octobre, à 12h53, la tuerie a commencé.

Dans un "périple meurtrier de 7 minutes", détaillé par le procureur de la République antiterroriste Jean-François Ricard le week-end dernier, Mickaël Harpon, 45 ans, informaticien à la direction de renseignement de la préfecture de police de Paris, a tué quatre de ses collègues et en a blessé une autre grièvement à l’aide de couteaux achetés moins de 20 minutes plus tôt. A 13 heures, Jonathan a mis fin à cette course sanglante. Interrogé par les enquêteurs après les faits, ce héros malgré lui a décrit le tueur avec des mots qui laissent entrevoir l’horreur de la scène… 

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"Venez-vite, il y a un terroriste"

Le jour des faits, à l'heure de la pause déjeuner, c’est une femme qui a alerté Jonathan de ce qu’il venait de se passer dans les étages de la préfecture de police. Alors que Mickaël Harpon a déjà poignardé plusieurs personnes, elle se précipite vers le jeune gardien de la paix et lui dit, en larmes, " Venez vite, il y a un terroriste dans la préfecture, il a déjà poignardé plusieurs collègues !"

En quelques fragments de seconde, Jonathan se trouve à quelques mètres du tueur présumé. "Dans la cour,  l’agresseur a menacé avec son couteau une personne qui tentait de le raisonner. Il s’est ensuite retrouvé à une douzaine de mètres d’un gardien de la paix stagiaire qui lui a intimé l’ordre de poser son arme. Ce gardien de la paix âgé de 24 ans a ensuite fait plusieurs sommations pour lui demander de se rendre, sans succès. Mickaël H. qui progressait vers lui lentement, s’est alors mis à courir dans sa direction en pointant son couteau. Devant sa détermination, le gardien de la paix a fait feu à deux reprises afin de le neutraliser, a précisé le procureur de la République antiterroriste samedi au cours de sa conférence de presse.

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"Comme possédé"

Pour évoquer ces courts instants gravés à jamais dans sa mémoire, Jonathan parle d’un homme au  "regard vide" et "déterminé", qu’il était comme "possédé".  Le sang-froid du jeune stagiaire a été salué par le président de la République mardi 8 octobre, lors de la cérémonie en hommage aux quatre victimes dans la cour de la préfecture de police. 

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Comme ses quatre collègues de la préfecture de police de Paris, Jonathan devrait lui aussi se voir décerner la Légion d’honneur. Le jeune homme, qui souhaite rester discret et préserver son anonymat, n'a pas souhaité la recevoir mardi, jour de la cérémonie en hommage aux policiers décédés.  

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