Attaque à la préfecture de police : le récit du "périple meurtrier" de l’assaillant

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L'attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris

PARCOURS SANGLANT - 48 heures après l’attaque à la préfecture de police, le procureur de la République antiterroriste a décrit ce samedi le parcours de l’assaillant, de l’achat des armes à sa neutralisation. Un "périple meurtrier de sept minutes" qui a fait quatre victimes et un blessé.

Ce sont sept minutes qui ont meurtri la préfecture de police. Ce samedi 5 octobre en conférence de presse, le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a détaillé le parcours de Mickaël H. au sein de la préfecture de police. Un "périple meurtrier" dont on connaît les moindres détails grâce aux caméras de vidéo-surveillance des lieux et au badge d’accès de l’assaillant.  

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Les armes achetées à la pause de midi

Comme chaque matin, Mickaël H. est sur son lieu de travail peu avant 9h. Arrivé de Gonesse, dans le Val d’Oise, où il réside, il ne porte alors aucune arme sur lui. Ce n’est qu'à la pause de midi, trois heures plus tard, qu'il il se rend dans un magasin de la rue Saint-Jacques, dans le 5e arrondissement de Paris, à quelques minutes de la préfecture, pour y acheter les lames qui deviendront ses armes : un couteau de cuisine métallique et un couteau à huîtres. Il est 12h24. En sortant, il ne retourne pas directement sur l’île de la Cité, préférant faire un détour. Temps additionnel qui va permettre à l’agent administratif de "dissimuler sur lui" les deux armes. 

Avant ces achats, entre 11h21 et 11h50, il échange 33 messages avec sa femme. Des "propos à connotation exclusivement religieuse" qu'il conclut notamment d'un "Allah akbar". 

Les autopsies attestent d'une scène d’une extrême violence- Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste

De retour devant la préfecture, le comportement de Mickaël H. ne trahit "aucune fébrilité". C’est donc serein qu’il rejoint son service vingt minutes seulement après avoir fait l’acquisition des lames. Et c’est dans son bureau, à 12h53, que débute son trajet sanglant. 

Dans la pièce, deux personnes déjeunent. L'informaticien frappe d’abord un major de police à la gorge, avant d’asséner de "multiples coups de couteau" dans le ventre d’une gardienne de la paix. Des scènes dont les autopsies montreront qu’elles ont été d’une "extrême violence", souligne le procureur antiterroriste. Au même étage, l’assaillant cible ensuite un autre local , où il attaque l’un de ses collègues de 37 ans, avant de tenter d’entrer dans une salle voisine, où sont installées trois personnes. Heureusement, sa volonté est stoppée nette par une porte restée verrouillée. Il emprunte donc l’escalier, où il fait une dernière victime, et se retrouve devant l’ascenseur du rez-de-chaussée. Il y blesse grièvement une adjointe administrative, dont le pronostic vital n’est plus engagé.

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Le quarantenaire, qui a la ferme intention de poursuivre son carnage, se rend alors dans la cour de la préfecture. Une personne tente de le raisonner, mais Mickaël H. ne veut rien entendre et menace l’individu. C'est à ce moment-là qu'il se retrouve à une douzaine de mètres d’un gardien de la paix, un stagiaire, arrivé six jours plus tôt. "Pose ton arme", lui ordonne ce dernier, du haut de ses 24 ans, avant de lancer plusieurs sommations. Insuffisant pour empêcher l’assaillant de continuer à avancer vers lui, d'abord doucement, puis, d’un coup, en courant. Couteau pointé vers l'avant, il est "déterminé". Une inquiétante attitude qui va pousser le jeune policier à tirer, deux fois. Il est 13h, Mickaël H. vient d'être neutralisé. 

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