Attaque à la prison de Condé-sur-Sarthe : le détenu voulait "venger" Cherif Chekatt, sa compagne tuée lors de l'assaut du Raid

Terrorisme

RÉCAP' - Ce mardi 5 mars, un détenu radicalisé et sa compagne ont agressé deux surveillants à la prison de haute sécurité d'Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne). Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, et le patron du Raid, Jean-Baptiste Dulion, ont tenu une conférence de presse. Voici ce qu'il faut en retenir.

L'incident est terminé, mais les investigations ne font que commencer. Mardi 5 mars, un détenu radicalisé Michaël Chiolo, et sa compagne ont agressé deux surveillants de prison à l'aide de couteaux en céramique. Après une journée de négociations, infructueuses, les policiers d'élite du Raid ont donné l'assaut. 

Michaël Chiolo, a été blessé au cours de l'intervention. Sa compagne a été tuée, succombant à ses blessures. Dans la soirée, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, et le patron du Raid, Jean-Baptiste Dulion, ont une conférence de presse pour évoquer les faits. 

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"Le détenu a crié Allah Akbar"

Pour Rémy Heitz, comme pour la ministre de la Justice, le caractère terroriste de cette affaire ne fait aucun doute. "En se jetant sur les surveillants, le détenu a crié Allah Akbar et dit qu'il voulait venger Cherif Chekatt (l'auteur de l'attentat de Strasbourg, en décembre dernier, ndlr). Il a indiqué être porteur d'une ceinture d'explosifs et être prêt à s'en servir." Suffisant pour justifier la saisine de la section antiterroriste du parquet de Paris, a expliqué le magistrat. "Après négociations, le Raid est intervenu après que les détenus ont crié Allah Akbar à plusieurs reprises", a poursuivi le procureur. 

Michael Chiolo "est actuellement hospitalisé pour des blessures légères", a encore indiqué Rémy Heitz, qui a également confirmé le décès de la compagne du détenu. 

Trois gardes à vue en cours

Le procureur de Paris a par ailleurs indiqué que trois gardes à vue étaient en cours. La garde à vue du détenu, Michaël Chiolo, n'a pas formellement débuté, celui-ci ayant été hospitalisé après avoir été légèrement blessé dans l'assaut des policiers du Raid, a précisé une source proche de l'enquête. 

Deux gardés à vue seraient un co-détenu et sa compagne, également présents dans l'unité de vie familiale au moment de l'agression des surveillants, selon des sources concordantes. L'identité de la troisième personne en garde à vue n'était pas certaine mardi soir.

Une enquête de flagrance pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes d'atteinte aux personnes" a été ouverte. 

Sans donner plus de détails, en raison des investigations en cours, Rémy Heitz a ajouté que celle-ci avait été confiée à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) en liaison avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la police judiciaire (PJ) de Rennes. 

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Le patron du Raid, Jean-Baptiste Dulion, a lui aussi pris la parole lors de cette conférence de presse, notamment pour préciser que les supposés explosifs étaient en fait factices. Indiquant qu'aucun blessé n'était à déplorer du côté des forces de l'ordre, le chef de la police d'élite a rendu un hommage appuyé à ses équipes. 

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