Attentat à Strasbourg : ce que nous apprend le procureur de la République de Paris

Terrorisme
JUSTICE - A l'occasion d'une conférence de presse ce mercredi midi, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a donné de nombreuses précisions sur les tragiques événements survenus dans la soirée du 11 décembre à Strasbourg au cours desquelles plusieurs personnes ont été tuées ou blessées. L'auteur des tirs, connu pour sa radicalisation, est toujours en fuite.

Ce mercredi midi, au lendemain des attaques perpétrées à Strasbourg, Rémy Heitz, procureur de Paris, a donné une conférence de presse depuis le tribunal de grande instance de Strasbourg. Voici les éléments à retenir.

Bilan provisoire : deux morts et 13 blessés

"Nous déplorons deux morts, une 3e est en état de mort cérébrale", a indiqué le procureur de la République. Ce dernier a précisé que "douze personnes" étaient "blessées dont six en état d’urgence absolue". 

Il aurait crié "Allah Akbar"

"Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire employé par l’assaillant, de son profil, et des témoignages recueillis auprès de ceux qui l’ont entendu crier 'Allah Akbar', la section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie des faits hier soir", a fait savoir Rémy Heitz.


Le  procureur de Paris a précisé qu'une "enquête en flagrance a été ouverte des chefs d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteinte aux personnes". Les investigations sont menées par la SDAT, la DCPJ, et la DGSI.

Chronologie des faits

Selon le procureur, "le suspect a été vu porteur d’une arme à feu peu avant 20 heures à hauteur du 10, rue des Orfèvres dans le centre de Strasbourg au cœur du marché de Noël. Il a ensuite évolué dans ce quartier, empruntant successivement la rue des Grandes arcades, la rue du Saumon, la rue de la Chandelle puis la rue Sainte Hélène avant de rejoindre la rue du pont Saint –Martin."


"Tout au long de son parcours à plusieurs reprises ouvert le feu avec une arme de poing et utilisé un couteau avec lesquels il a blessé grièvement et donné la mort", a ajouté le procureur.

Le tireur a été blessé au bras

Faisant face à quatre militaires de l’opération Sentinelle, l'auteur des attaques "a tiré dans leur direction et a essuyé des tirs de riposte qui l’ont blessé au bras. L’assaillant a quitté les lieux à bord d’un taxi qui l’a déposé dans le quartier du Neuhof" .


Entendu par les enquêteurs, le chauffeur de taxi a déclaré "que le passager lui avait dit de l’amener là sans donner d’adresse en disant qu’il allait le guide. Le chauffeur a précisé l’avoir vu en possession d’une arme de poing et présentant des blessures". 


"L’individu, pour justifier ses blessures, a évoqué son passage à l’acte dans le centre de Strasbourg en expliquant avoir tiré sur des militaires et tué 10 personnes. Le chauffeur de taxi dit l’avoir entendu proféré des propos justifiant les faits qu’il disait avoir commis, a poursuivi le procureur. Une fois descendu du taxi, l’individu a croisé des fonctionnaires de police qui ont décrit un échange de coups de feu avec lui à ce moment-là".

Perquisition mardi matin

C'est le témoignage du même chauffeur de taxi qui a permis aux enquêteurs de découvrir qu'ils connaissaient le suspect. "L’évocation [...] de la découverte d’une grenade chez lui le matin même, permettait aux enquêteurs de faire le rapprochement avec une opération réalisée sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Strasbourg au domicile de Chérif C. dans le cadre d’une information judiciaire ouverte des chefs de tentative d’assassinat, violences aggravées et association de malfaiteurs", a indiqué le procureur. 


Au domicile du suspect, mardi matin, les enquêteurs avaient saisi "une grenade défensive, une arme 22 long rifle chargée et plusieurs munitions, 4 couteaux dont 2 couteaux de chasse". 

4 gardes à vue en cours

De nombreuses investigations sont en cours pour tenter de localiser le fugitif, en fuite depuis son méfait. "Plusieurs perquisitions ont été réalisées dans la nuit de mardi à mercredi dans des lieux qu’il est susceptible de fréquenter. Quatre proches du mis en cause ont été placés en garde à vue cette nuit. Les gardes à vue sont toujours en cours", selon le procureur. 

27 mentions au casier

Chérif C. est né le 24 février 89 à Strasbourg. Il est "très défavorablement" connu pour des faits de droit commun. Le procureur fait état de "27 condamnations pour des faits de droit commun commis en Allemagne et en France". "Il est très connu des services de police et de justice pour des faits de droit commun, principalement pour des faits de vols et de violences." Comme le rapportait la presse allemande, il est aussi connu des polices allemandes et suisses. Il a déjà été incarcéré à de multiples reprises.

"Connu pour sa radicalisation"

Chérif C. était connu de l’administration pénitentiaire pour sa radicalisation et son attitude prosélyte en détention en 2015. "Connu des services spécialisé pour sa radicalisation, Chérif C. était inscrit au FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste). Fiché S, "il a fait l’objet d’un suivi par les services de la DGSI", a précisé Rémy Heitz. 


"L’enquête se poursuit afin de le localiser, de reconstituer son emploi du temps, son itinéraire et d’identifier d’éventuels co-auteur(s) ou complice (s)", a conclu le procureur de la République de Paris.

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