Attentat de la rue Copernic : la cour d'appel de Paris ordonne une nouvelle expertise

Attentat de la rue Copernic : la cour d'appel de Paris ordonne une nouvelle expertise

Terrorisme
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JUSTICE - Vendredi 26 octobre, la cour d'appel de Paris a ordonné une nouvelle expertise dans le dossier de l'attentat antisémite de la rue Copernic en 1980. Elle devait initialement se prononcer sur le non-lieu rendu à Hassan Diab, unique suspect de l'attaque à la bombe qui avait fait quatre morts en 1980.

Nouveau rebondissement dans le dossier de l'attentat antisémite de la rue Copernic à Paris en 1980. Près de quarante ans après les faits, la justice devait dire ce vendredi 26 octobre si elle confirmait ou non le non-lieu prononcé en janvier en faveur du Libano-canadien Hassan Diab, unique suspect de cette attaque à la bombe qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés le 3 octobre 1980 devant une synagogue de l'Union libérale israélite de France.


La cour d'appel de Paris a finalement ordonné une nouvelle expertise avant de rendre son jugement sur le non-lieu dont a bénéficié Hassan Diab, a appris l'AFP auprès des avocats du dossier. Elle a ordonné ce supplément d'information pour qu'un juge d'instruction antiterroriste fasse réaliser une contre-expertise graphologique d'ici à la mi-février 2019.

"La cour veut fermer toutes les portes"

"La cour a un doute (...) et elle veut fermer toutes les portes avant de se prononcer", a réagi l'avocat d'Hassan Diab, Me William Bourdon. "Elle a un doute sur un point qui a fait l'objet de nombreux travaux" et "des experts internationaux ont mis en pièces les expertises initiales", a-t-il ajouté. "En aucune façon elles ne sauraient constituer un élément à charge contre M. Diab", a-t-il estimé après ce "nouveau rebondissement qui laisse confiant sur l'issue finale". "C'est évidemment une déception", a réagi l'avocat d'une des victimes de l'attaque à la bombe, Me Eric Morain. "J'espère que ça ne va pas apparaître par la suite comme une sorte de préparation pour les parties civiles à une décision totalement négative. (...) Les preuves, ça se débat devant une cour d'assises, pas au stade de l'instruction où on débat d'abord des charges", a-t-il commenté.


Cet attentat, perpétré en plein Paris le 3 octobre 1980, avait été le premier à avoir frappé mortellement la communauté juive en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Jamais revendiquée, l'attaque avait été rapidement attribuée par les enquêteurs au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), groupe né d'une scission du FPLP. Les renseignements français avaient fini par identifier Hassan Diab en 1999. Il a toujours contesté toute implication.

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ARCHIVE - Attentat de la rue Copernic en 1980 : un non-lieu rendu en faveur d'Hassan Diab

Hassan Diab est reparti au Canada

Au terme d'un bras de fer d'une vingtaine d'années entre le parquet et les juges d'instruction, ces derniers ont rendu le 12 janvier dernier une ordonnance de non-lieu en faveur d'Hassan Diab, estimant que les charges n'étaient "pas suffisamment probantes" à l'encontre de l'ancien professeur de sociologie à l'université d'Ottawa. "Un certain nombre d'éléments (...) permettent d'estimer qu'Hassan Diab se trouvait vraisemblablement au Liban pendant cette période" et ne pouvait donc ni avoir confectionné ni posé l'engin explosif, caché sur une moto, relevaient notamment les magistrats.


Le parquet de Paris, qui avait requis son renvoi aux assises, avait fait appel, estimant que les "éléments à charge et à décharge" devaient être débattus lors d'un procès. Mais l'appel n'étant pas suspensif, Hassan Diab avait été remis en liberté après avoir passé plus de trois ans en détention provisoire depuis son extradition du Canada en novembre 2014. Il est depuis reparti dans ce pays, où une enquête indépendante a été ouverte en mai pour examiner les conditions, contestées, de son extradition.

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