Attentat de Nice : un proche du terroriste libéré, des familles de victimes s'alarment d'un "risque de fuite"

Terrorisme
INDIGNATION - Hamdi Zagar, proche de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'auteur de l'attentat de Nice, a été relâché cet été. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a révélé sur LCI ne pas avoir été mis au courant de cette libération. Me Sonia Maktouf, avocate de plusieurs parties civiles, s'est elle inquiétée du "risque de fuite" du beau-frère du terroriste.

La pilule ne passe pas chez les familles de victimes. Un membre de l'entourage de Mohamed Lahoueij-Bouhlel, l'auteur de l'attentat du 14 juillet à Nice, qui avait fait 86 morts en 2016, a été remis en liberté le 1er août et sous contrôle judiciaire, selon nos informations. Après la libération il y a un an d'une femme soupçonnée d'avoir participé à la fourniture d'armes du tueur, Hamdi Zagar est le deuxième des huit mis en examen dans ce dossier à être remis en liberté surveillée. Les familles de victimes s'inquiètent du suivi par les services de renseignement et d'une potentielle fuite dans l'attente de leur procès.


"C'est une inquiétude parce que, pour les parties civiles qui attendent depuis un moment que le procès ait lieu, il faut que tous les protagonistes soient présents pour faire face aux juges et répondre aux questions. Il ne faut pas qu'il y ait un box vide", réagit ce vendredi matin sur LCI Me Samia Maktouf, avocate de plusieurs parties civiles dans l'attentat de Nice. "Il est mis sous contrôle judiciaire. J'espère qu'il sera scrupuleusement respecté et qu'il n'y aura pas de fuite (...) Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de risques, je suis désolé, il y a des risques certains et sérieux. On l'a vécu avec Saint-Étienne-du-Rouvray (Adel Kermiche avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, ndlr) et le Bataclan (même chose pour Samy Amimour, l'un des kamikazes, ndlr)."

Le suivi des mis en examen en question

Pour Me Maktouf, "on marche sur la tête" avec cette libération. La loi antiterrorisme empêche, en effet, toute possibilité de suivi ou d'interception par les services de renseignements d'une personne, même dangereuse, mise en examen. "Ce n'est pas possible d'arrêter toute surveillance. Même si la personne est mise en examen, même si on considère que c'est scrupuleusement respecté", ajoute-t-elle. "Il n'y a pas de garanties, à moins qu'on réfléchisse à réformer la loi pour permettre aux services de renseignement de suivre ou d'intercepter (un individu mis en examen, ndlr) sans qu'il y ait des soupçons sur un nouveau projet terroriste. Ces personnes-là sont formées et conscientes des flous et des vides juridiques."

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Attentat de Nice : pour Me Maktouf, "il y a un risque de fuite" du proche remis en liberté

Estrosi "révolté" par cette libération

La libération de Hamdi Zagar a également "révolté" le maire de Nice Christian Estrosi. Après avoir jugé cette décision "intolérable pour les familles de victimes" dans un tweet jeudi soir, l'élu regrette sur LCI qu'une "telle initiative soit prise sans explication, sans justification, après deux ans. Si on l'a gardé pendant deux ans, c'est sans doute qu'il y avait une légitimité à lui trouver un certain nombre de griefs", rappelle le député LR. Avant de s'interroger sur les conditions de son contrôle judiciaire. "Comment est-il suivi aujourd'hui ? Nous ne savons pas où il est. Peut-être est-il à Nice, avec ses proches en train de fomenter autre chose ? Est-ce qu'il a un profil radicalisé ? Je ne vois pas comment il en serait autrement, alors qu'il avait des liens familiaux si proches avec l'auteur de l'attentat, avec cette photo extrêmement troublante devant le camion."

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Attentat de Nice : "L'État a totalement camouflé" sa libération, assure Christian Estrosi

Remonté, l'élu niçois pointe l'opacité de la justice, et par ricochet l'État, dans ce dossier. "Je trouve inadmissible et scandaleux, là où nous demandons pour un certain nombre maires de France, qu'on ne nous indique pas où sont les fichiers S qui résident sur le territoire de notre commune", dénonce-t-il. "Je veux que les Français sachent au moment où il m'écoute que, là où chacun pense que cela se fait dans une complicité la plus totale, ce n'est pas le cas. L'État a totalement camouflé cette information jusqu'à ce jour et le maire de la 5e ville de France, où s'est passée cette tragédie, n'a pas été informé." 

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