Attentat de Strasbourg : le Conseil français du culte musulman demande l'inhumation rapide de Cherif Chekatt

Terrorisme
TERRORISME - Cherif Chekatt, 29 ans, a été neutralisé jeudi 13 décembre par la police rue du Lazaret à Strasbourg (Bas-Rhin). Deux jours plus tôt il commettait un attentat sur le marché de Noël de la ville, qui a fait 16 blessés, dont 5 sont décédés. Se pose aujourd'hui la question de son inhumation.

Un peu plus d'une semaine après l'attentat de Strabsourg, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé mercredi la ville du Bas-Rhin à inhumer "le plus rapidement possible" et "dans l'anonymat" Cherif Chekatt, auteur de l'attentat du marché de Noël, pour "éviter d'en faire une victime".


"J'appelle les autorités à respecter la loi du pays, à ne pas faire de cet assassin une victime et qu'on l'enterre le plus rapidement possible pour que l'on ne parle plus de lui", a déclaré à l'AFP Abdallah Zekri, délégué général du CFCM.

Rapatriement en Algérie ?

Dans une déclaration au quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace parue mercredi, le maire de la ville, Roland Ries (PS) s'est dit "plutôt hostile, sinon réticent" à l'inhumation de Cherif Chekatt à Strasbourg, "car il y a un risque de créer un lieu d'hommage à ce criminel". "Un type qui a assassiné cinq personnes, je pense que c'est pour moi un problème de lui accorder l'inhumation à Strasbourg", a ajouté le maire.


"Il y a l'article L2223-3 du Code général des collectivités territoriales qui dit notamment que toute personne résidente dans une commune doit être enterrée dans la commune", a rétorqué Abdallah Zekri auprès de l'AFP. Selon lui, "il va y avoir des salafistes, des intégristes, qui vont dire que Cherif Chekatt est une victime et qu'on ne veut pas de lui". "On veut qu'il soit enterré d'une manière anonyme dans le cimetière musulman de Strasbourg" pour "faire taire la polémique, alors que des familles souffrent et ont perdu des êtres chers à cause de ce criminel", a-t-il poursuivi.


Aucune demande de la famille de Cherif Chekatt concernant sa dépouille n'était encore parvenue à la municipalité mercredi, selon la mairie. France 3 indique pour sa part que la famille de Cherif Chekatt a demandé à ce que son corps soit inhumé en Algérie, selon les informations confirmées par les services de l'Eurométropole de Strasbourg. 

Sans sépulture ni nom

La question des dépouilles de terroristes se pose en France après chaque attentat. En 2016, le Conseil d'Etat a rendu une décision autorisant un maire à refuser l'autorisation d'inhumation dans un cimetière communal, pour prévenir notamment des troubles à l'ordre public, et ce "quelles que puissent être les circonstances". La juridiction administrative suprême avait été saisie par la commune de Mantes-la-Jolie (Yvelines) qui refusait d'inhumer le djihadiste Larossi Abballa, auteur du double assassinat d'un policier et de sa compagne, à leur domicile de Magnanville. 


Le cas de Mohamed Merah, assassin en 2012 dans le sud-ouest de la France de trois militaires et quatre autres personnes dont trois enfants juifs, avait également fait polémique. Ni la ville de Toulouse où il vivait, ni l'Algérie dont il était originaire ne voulait se charger du cadavre. La dépouille de Mohamed Merah avait finalement été ensevelie sans sépulture ni nom, dans un cimetière de la banlieue toulousaine, en dehors des horaires d'ouverture.

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