Attentat de Strasbourg : pourquoi a-t-on annoncé plusieurs bilans contradictoires ?

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DISSONANCES - Entre mardi 11 et mercredi 12 décembre, plusieurs bilans humains contradictoires de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg ont été annoncés par les autorités. Une confusion qui s'explique peut-être d'abord par la multiplicité des sources d'information qui ont rapidement communiqué sur le drame.

Vous avez peut-être remarqué, en cherchant à vous informer sur la situation à Strasbourg, que le bilan humain n'a eu de cesse d'osciller - passant et repassant de deux à quatre morts - entre le mardi 11 décembre dans la soirée et ce mercredi matin. Une situation qui tient finalement peut-être d'abord à la diversité des sources officielles se prêtant à l'exercice des annonces. 

Le premier à donner un bilan de l'attaque terroriste est le maire de Strasbourg, Roland Ries. Dans la nuit de mardi à mercredi sur Europe 1, il annonce ainsi que quatre personnes ont été tuées par l'assaillant. Vers deux heures du matin, c'est ensuite au tour de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, de prendre la parole. Lui détaille un bilan humain revu à la baisse lors d'une conférence de presse : l'attentat terroriste qui s'est déroulé au marché de Noël de Strasbourg aurait donc fait trois morts. 

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Actualisations multiples

Une heure plus tard, la préfecture du Bas-Rhin prend le relais de la communication aux rédactions. Elle reprend l'annonce du ministre de l'Intérieur et donne un bilan de trois morts et onze blessés. A dix heures du matin ce mercredi 12 décembre, elle poursuit ses annonces, en revoyant, pour la seconde fois en quelques heures, le coût humain à la baisse, qui se fixe alors à deux morts et quatorze blessés.

A nouveau, la préfecture du Bas-Rhin revient sur sa communication. Vers onze heures du matin, elle demande aux rédactions de ne pas tenir compte de son dernier communiqué. Il faut, dit-elle, s'en tenir aux déclarations du secrétaire d'Etat du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, faites le matin même sur France Inter, à 8 heures.

Problème : Laurent Nunez, lui non plus, n'annonce pas un bilan définitif. Et affirme, sur France Inter, que l'assaillant "a tué trois personnes sur le marché de Noël de Strasbourg, alors que le marché allait fermer ses portes". 

Nuance oubliée

Le fin mot de l'histoire appartient - pour l'instant, au procureur de Paris Rémy Heitz. Ce mercredi a 13 heures, il indique finalement que deux personnes sont mortes, "une troisième en état de mort cérébrale". Une nuance jusque-là oubliée, qui pourrait également expliquer en grande partie les précédentes confusions. 

Par ailleurs, le procureur a annoncé que douze personnes avaient été blessées dans l'attaque, dont six en urgence absolue. Vers 17 heures, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a précisé ce bilan, sans l'invalider. Elle détaille, à la sortie de l'hôpital : "Nous pouvons malheureusement déplorer deux morts sur les seize personnes qui ont été impliquées et blessées dans l'attaque. Donc seize personnes ont été blessées, deux sont décédées. Il y a aujourd'hui trois personnes qui sont en urgence vitale, dont le pronostic vital est engagé."

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