VIDÉO - Fanny, rescapée du Bataclan : "Je m'en voulais d'être vivante"

VIDÉO - Fanny, rescapée du Bataclan : "Je m'en voulais d'être vivante"

ENTRETIEN - Cinq ans après l'attentat du Bataclan, où elle s'était rendue pour fêter en musique son anniversaire de mariage avec son "amoureux" et quelques amis, Fanny a accepté de répondre à nos questions.

La voix est douce, posée. Mais les souvenirs, eux, sont encore vivaces. Cinq ans après avoir survécu à l'attentat au Bataclan, le 13 novembre 2015, Fanny a accepté de revenir sur cette fameuse soirée, où elle s'était rendue avec son "amoureux" et quelques amis pour célébrer son anniversaire de mariage.  Elle, retranchée dans des toilettes avec quatre autres personnes, en sortira indemne. Son mari, qui se trouvait dans la fosse, grièvement blessé (voir notre interview dans la vidéo ci-dessus)

Cachée dans les toilettes, elle ne voit rien. Mais entend tout. "On imagine", nous confie-t-elle. "C'est immensément long en fait, c'est indescriptible. On a l'impression que ça ne s'arrêtera jamais (...) J'avais assez peu d'espoir de m'en sortir."  Puis, après de nombreux coups de feu, le silence. Et enfin la délivrance, avec l'arrivée de la BRI : "Quand on les voit entrer, je ne peux pas dire autre chose que 'merci'."

"J'ai eu la culpabilité du survivant- Fanny, rescapée du Bataclan

Pour autant, son calvaire est loin d'être terminé : elle finit par retrouver son mari, gravement blessé, touché par une balle dans le dos - "Je ne savais pas s'il allait s'en sortir". D'autant que les secours sont débordés : "Dehors, c'était horrible, il y avait une ambiance atroce, avec des gens blessés, décédés." "À l'intérieur, c'est de la survie, à l'extérieur, on est abasourdi." 

Désormais, nous révèle-t-elle, son mari "va bien". Reste qu'il a fallu gérer l'après, le traumatisme. Avec pudeur, Fanny nous confie avoir fait une dépression, "je n'avais plus rien qui me donnait envie". "J'ai eu la culpabilité du survivant qui m'a collée à la peau, mais vraiment jusque dans ma chair", explique-t-elle. Aujourd'hui, après un long combat, elle va mieux et "ne s'interdit plus de vivre", même si ces moments de commémorations restent "douloureux".   

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