Attentat raté de Notre-Dame : Inès Madani admet avoir voulu faire "le plus de victimes possibles"

Terrorisme

JUSTICE - Jeudi 26 septembre, Inès Madani était entendue par la cour d'assises spéciale de Paris dans le cadre de la tentative d'attentat raté à la voiture piégée, survenu en 2016. L'accusée a reconnu avoir voulu faire le plus de victimes possible.

Que s'est-il passé dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, près de Notre-Dame de Paris ? Ce jeudi, l'accusée Inès Madani était entendue par la cour d'assises spéciale de Paris. Elle a admis que la tentative d'attentat à la voiture piégée avait pour "objectif" de faire le plus de victimes possible. Ce dossier est le premier à être renvoyé aux assises parmi la vague d'attentats et de tentatives d'attentats djihadistes, qui ont fait 251 morts en France depuis 2015.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, avec sa co-accusée Ornella Gilligmann, Inès Madani a garé une Peugeot 607 remplie de bonbonnes de gaz dans une rue devant des restaurants, où se trouvaient des dizaines de personnes. Elles ont tenté de la faire exploser ; seul un mauvais choix de carburant a fait échouer leur plan. "La nuit du samedi au dimanche est particulière", a souligné le président Laurent Raviot au cours de l'audience. "Oui, pour la fréquentation", a répondu Inès Madani, 19 ans. Interrogée sur son intention de faire "le plus de victimes possible" a répondu : "Oui, c'était l'objectif. (...) A ce moment-là, je n'avais pas de problème de conscience."

Les suspects encourent la perpétuité

Inès Madani a chargé Ornella Gilligmann tout au long de son interrogatoire. Les deux femmes s'étaient rencontrées sur internet trois mois plus tôt. Inès Madani se faisait alors passer pour un homme, qu'elle a appelé Abou Jounayb, dont Ornella Gilligmann est tombée amoureuse. Cette dernière croyait qu'Inès Madani était la soeur d'Abou Jounayb. "A aucun moment Abou Jounayb n'a donné d'ordre à Ornella Gilligmann", a affirmé Inès Madani.

Selon cette djihadiste présumée, c'est Ornella Gilligmann qui a pris l'initiative du projet et qui l'a organisé. "Elle a dit : 'Je ne veux plus attendre. Je veux faire quelque chose très vite'", a affirmé Inès Madani. Elle parle d'un "coup de tête", affirme s'être décidée "en une semaine". Inès Madani a déjà été condamnée en avril à huit ans de prison pour avoir incité des candidats au djihad à rejoindre la Syrie ou à commettre des attaques en France et en Belgique, entre mars 2015 et juin 2016.

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Elle affirme que c'est sa co-accusée qui a envoyé la vidéo de revendication à Rachid Kassim, propagandiste du groupe Etat islamique. "Pour moi, c'était seulement les hommes qui pouvaient revendiquer par vidéo", a-t-elle affirmé. "C'est le genre de choses qui nécessite qu'on se mette d'accord au préalable", lui a répondu le président, qui a mis en doute à de nombreuses reprises la version d'Inès Madani. Dans le box, à trois mètres, Ornella Gilligmann n'a pas caché son exaspération et sa colère. La confrontation entre les deux accusées, qui encourent la perpétuité, aura lieu lundi.

En tout, cinq femmes âgées de 22 à 42 ans seront jugées. Rachid Kassim, omniprésent tout au long du dossier, sera, lui, jugé par défaut pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle", et "complicité de tentative d'assassinat". Le procès, qui se tient devant la cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels, devrait se terminer le 11 octobre.

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