Cherif Chekatt était armé d'un revolver du XIXe siècle : "Ce n'est pas parce qu'une arme est ancienne qu'elle n'est pas dangereuse"

Terrorisme

Toute L'info sur

Attentat de Strasbourg : le suspect Cherif Chekatt abattu par la police

DÉTAIL - Après être parvenu à se cacher durant un peu plus de 48 heures dans le quartier du Neudorf, le tireur du marché de Noël de Strasbourg a été abattu jeudi 13 décembre vers 21h. Il venait d'ouvrir le feu sur les policiers avec la même arme que celle utilisée lors de sa course sanglante, à savoir un pistolet de calibre 8 mm datant de 1892.

C'est l'un des détails qui avait interpellé les enquêteurs dès les premières heures qui ont suivi l'attaque de Strasbourg ce mardi. Il a rejailli ce jeudi lorsqu'aux termes de 48 heures de cavale, Cherif Chekatt, a été abattu, l'arme à la main : en l’occurrence, un revolver d’ordonnance de calibre 8 mm datant de la fin du XIXe siècle. 


Si d'aucuns s'étonnent que le terroriste se soit équipé d'une si vieille arme à feu, ce n'est pas le cas de l'ancien chef du RAID, Jean-Michel Fauvergue, invité à décrypter l'issue fatale sur France Inter ce vendredi. "Il ne faut pas faire de confusion et penser que, parce que l'arme est ancienne, elle n'est pas dangereuse ; la preuve c'est qu'il a tué des gens avec", a indiqué l'ancien patron de l'unité d'élite de la police, et aujourd'hui député LREM de Seine-et-Marne. 

Et de poursuivre : "L'armement au siècle dernier, ou même il y a deux siècles, était fait pour tuer déjà et tuait beaucoup de monde. Donc un individu de ce type-là, déterminé, radicalisé avec des complicités et qui veut aller jusqu'au bout est particulièrement dangereux." Pour conclure, ce dernier n'a pas manqué de rappeler que cette absence de lien entre dangerosité et choix de l'arme trouve d'ailleurs déjà plusieurs exemples dans l'histoire récente : "On l'a bien vu avec ces terroristes qui ont fait des victimes avec des couteaux ou en conduisant des véhicules."

"En 1914, elle était déjà dépassée"

Fabriqué à 350.000 exemplaires par la Manufacture d'armes de Saint-Étienne, le revolver d'ordonnance modèle 1892 était l'arme de poing réglementaire de l'Armée française jusqu'à son remplacement par les pistolets semi-automatiques MAS 1935 et MAC 1950. Sur le plan technique, "c'est désuet", nous confie ce vendredi un armurier parisien, évoquant notamment "des munitions peu puissantes." Et de poursuivre : "c'est une arme qui était très utilisée à la veille de la Première guerre mondiale mais qui, déjà en 1914, était dépassée, alors que dans l'armée on avait une arme moderne encore utilisée aujourd'hui."


Si la provenance du pistolet de calibre 8 mm utilisé par Cherif Chekatt n'est pas encore connue, l'expert précise que "c'est une arme courante qui a été oubliée et conservée dans certaines familles où on la trouvait dans un tiroir de table de nuit." Fabriquée en acier, elle ne "s'use pas" et a donc traversé ainsi les générations. Mais contrairement à l'époque, où il était possible de se la procurer "en vente libre",  l'arme de poing, "classée en catégorie B, nécessite bien sûr aujourd'hui une autorisation".

La même arme que celle utilisée mardi

Lors de son interpellation, outre ce vieux modèle de pistolet au tir imprécis, Cherif Chekatt portait également un couteau. Il s'agit des deux armes utilisées mardi 11 décembre lors de sa course sanglante, au cours de laquelle il a tué trois personnes et blessés 13 autres, donc cinq grièvement.


Il était environ 21h ce jeudi quand, à deux pas du stade de la Meinau, un individu correspondant au signalement de l'assaillant a été repéré par un équipage de trois policiers, au 74 de la rue du Lazaret. Il s'était retourné pour tirer sur les fonctionnaires, qui ont immédiatement riposté et abattent e terroriste, mettant fin à 48 heures de cavale. Le fugitif, qui pouvait profiter notamment de nombreux entrepôts pour se cacher dans la zone industrielle de la Plaine des Bouchers toute proche, était finalement sorti de son abri sans que l'on sache pourquoi. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter