Cinq questions sur l’opération de libération des otages au Burkina Faso qui a coûté la vie à deux commandos Marine

Terrorisme
OPEX - Deux ressortissants français, qui avaient été enlevés au Bénin, ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso. Deux autres otages ont été sauvés par les Forces spéciales françaises qui ont perdu deux de leurs éléments. On fait le point sur cette intervention militaire d'une très grande complexité.

Deux Français, dont on n’avait plus de nouvelles depuis le 1er mai, ont été retrouvés et libérés dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso, à la faveur d’une opération de libération emmenée par les commandos Marine. Deux d’entre eux, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, sont tombés au combat. On revient sur cette"opération d'une très grande complexité" qui a également permis la libération d'une Américaine et une Sud-Coréenne. 

Qui étaient les otages ?

Il s’agit de Patrick Picque et Laurent Lassimouillas. Les deux ressortissants français, qui étaient partis en excursion dans le parc national de la Pendjari, étaient accompagnés d’une Sud-coréenne et une Américaine. Personne jusque-là n'avait connaissance de la présence de ces deux femmes. “Les contacts que nous avons eus depuis quelques heures avec les Etats-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement, ces pays-là n'avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé", a déclaré la ministre des Armées, Florence Parly. "A priori, elles étaient otages depuis 28 jours", a précisé le général Lecointre, chef d'Etat major des armées. 


Patrick Picque est créateur de bijoux, Laurent Lassimouillas est professeur de musique. 

Qui étaient les ravisseurs ?

L'identité des preneurs d'otages, dont quatre sont morts, est encore inconnue. Il est "trop tôt pour se prononcer", a déclaré Florence Parly. Toutefois, “ce que l'on peut dire c'est qu'il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l'un à Al Qaïda, pour l'autre à l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara). Nous n'en savons pas plus pour l'instant", a précisé la ministre des Armées.

Où l’assaut a été donné et pourquoi à ce moment?

Les Français avaient été enlevés dans le parc national de la Pendjari, au nord du Bénin, le 1er mai. Lors du rapt, leur guide béninois, Fiacre Gbédji, a été assassiné. Cette région est déconseillée par le Quai d’Orsay. Sur son site, le ministère appelle à la vigilance "en raison de la présence de groupes armés et des menaces pesant sur les ressortissants occidentaux". L’assaut a finalement été donné au nord du Burkina Faso près de la frontière malienne, dans la nuit de jeudi à vendredi en raison d’un risque de transfèrement des otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali. Si les otages avaient fini entre les mains des djihadistes de la Katiba Macina, à la tête de laquelle figure le prédicateur Amadou Koufa, "une quelconque opération de libération aurait dès lors été rendu impossible à organiser", a souligné le général François Lecointre.

Comment s’est déroulée l’opération commando ?

Elle été rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane, l’implication des forces burkinabé et le soutien américain en renseignement. Une vingtaine de commandos a alors entamé, de nuit, une progression à pied d'environ 200 mètres vers le campement de 4 abris. Ce n'est qu'à 10 mètres d'un des abris qu'une sentinelle les détecte, avant d’alerter les autres djihadistes. Les militaires décident donc “de monter à l’assaut des objectifs sans ouvrir le feu pour être certain de ne pas faire de pertes chez les otages ou parmi d’éventuels civils ou membres des familles présents dans ce campement”, a précisé le chef d’état-major des Armées, le général Lecointre. 

En vidéo

Bénin : le récit de l'opération de libération par les commandos marines

Qui sont les soldats morts pour la France ?

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient deux officiers mariniers, engagés depuis le 30 mars dernier dans la région du Sahel. Ils appartenaient au Commando Hubert, l’élite de l’élite, considéré comme le plus prestigieux d'entre eux et l'unité de forces spéciales la plus sélective et complète de toute l'armée française qui "dispose de groupes spécialisés dans le contre-terrorisme, la libération d'otages et l'action sous-marine avec les nageurs de combat".  

Mardi à 11H, le chef de l'État présidera aux Invalides une cérémonie d'hommage national aux deux commandos de Marine. 

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