Lyon : ce que l'on sait sur l'explosion du colis piégé

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Explosion à Lyon : l'enquête sur l'attaque au colis piégé

ENQUÊTE - Vendredi en fin d'après-midi, un colis piégé a explosé dans une rue piétonne du centre-ville de Lyon. On fait le point sur cet événement qu'Emmanuel Macron a qualifié "d'attaque".

Emmanuel Macron l'a rapidement qualifiée d'attaque. L'explosion d'un colis piégé déposé dans une rue très fréquentée de Lyon, vendredi en fin d'après-midi, a fait une dizaine de blessés légers, à deux jours des élections européennes. Un homme, capté par la vidéosurveillance, est activement recherché depuis, de nouvelles photos de cet individu devant être diffusées ce samedi. Voici ce que l'on sait, ce 25 mai, après notamment la conférence de presse du procureur de la République, Rémy Heitz qui a eu lieu à la mi-journée. 

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Où et quand est-ce arrivé ?

Ce 24 mai, à 17h28 et 39 secondes, comme l'a précisé samedi le procureur de la République de Paris Rémy Heitz, un engin artisanal explose 15 rue Victor-Hugo, à hauteur de la rue Sala, au niveau d'une boulangerie Brioche dorée. Ces deux artères, qui connaissent généralement une forte affluence, se situent à proximité de la place Bellecour. Le secteur a été évacué et bouclé par les forces de l’ordre, la préfecture du Rhône a demandé aux personnes d'éviter la zone. Au même moment, le président de la République Emmanuel Macron est en direct sur YouTube où il est interviewé par un bloggeur sur les européennes. C'est dans ce contexte qu'il évoque "une attaque à Lyon". "Il ne m’appartient pas d’en faire le bilan, mais a priori, aujourd’hui, à ce stade, il n’y a pas de victime. Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles", ajoute-t-il.  

La ville de Lyon dispose d'un réseau de caméras de surveillance étoffé, ce secteur ne déroge pas au dispositif : "Rien ne peut nous échapper sur la rue Victor-Hugo", assure Jean-Yves Sécheresse, adjoint à la mairie de Lyon, chargé de la sécurité. Rapidement, les forces de l'ordre disposent alors du signalement d'un individu vu en train de déposer ce colis deux minutes avant qu'il n'explose. 

Que sait-on de l'homme recherché ?

Toujours introuvable à la mi-journée ce samedi, l'homme est âgé de 30, 35 ans et de "type européen ou nord africain", selon l'appel à témoins. Vêtu d'un short beige, il circulait à vélo au moment où il a été capté par les caméras. Sur une photo provenant de la vidéosurveillance, on voit que le bas de son visage est masqué par un foulard de couleur verte. Il porte également des lunettes de soleil. On discerne un bracelet ou une montre au poignet gauche. 

Le signalement de l'individu a été transmis à tout le département du Rhône et aux limitrophes. En exploitant les images de la vidéosurveillance, il est repéré à 17h19, circulant à vélo quai Claude-Bernard. Il a traversé le pont de la Guillotière, puis passe entre les barrières de la place Antonin-Poncet avant de s'engager rue Victor-Hugo, à pied, en poussant son vélo, selon l'itinéraire tracé par le procureur de la République Rémy Heitz, au lendemain de l'attaque. Il est ensuite reparti par le même chemin. "On a perdu sa trace vers le quai Claude Bernard à hauteur des Universités", a expliqué Gérard Collomb, samedi matin. 

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Vendredi soir, la police nationale a diffusé un appel à témoin du suspect, photo à l'appui, pour tenter de le retrouver. De nouvelles images devraient être rendues publiques ce samedi. 

Aucune revendication, à ce stade, n'a été faite, a précisé Rémy Heitz. Dans la foulée de l'explosion, 90 enquêteurs et 30 techniciens de la police technique et scientifique ont été mobilisés. Une vingtaine d’enquêteurs des brigades de recherche et d’intervention (BRI) locales, leur prêtent leur concours.

Que contenait le colis piégé ?

Une charge de faible puissance mais un dispositif sophistiqué. En explosant, l'engin de fabrication artisanale, contenu dans un sac en papier kraft, a soufflé la vitrine du comptoir réfrigéré de la boulangerie. Sur le sol, les enquêteurs ont notamment retrouvé des vis de 2cm, des billes en métal, sept piles de type LR6, un circuit imprimé et un dispositif de déclenchement à distance. Selon nos informations, des traces de TATP ont également été retrouvées dans l'engin explosif, en infime quantité. Le TATP (tripéroxyde de triacétone) est un explosif artisanal très instable. Il a été utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016.

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Combien y a-t-il de victimes ?

D'après un dernier bilan, 13 personnes - neuf femmes dont une enfant de 10 ans et quatre hommes - ont été touchées par l'explosion, 11 ayant été hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, "atteints aux membres inférieurs", selon Gérard Collomb. 

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Explosion d'un colis piégé à Lyon : les témoins sous le choc

"Ça a explosé et j'ai cru que c'était un accident de voiture (...) Il y avait des bouts de fils électriques autour de moi, des piles et des bouts de carton et de plastique. Les vitres étaient explosées", a raconté Eva, une lycéenne de 17 ans encore sous le coup de l'émotion, qui se trouvait à 15 mètres du lieu de l'explosion.

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