Décapitation d'un prof d'histoire : un "acte terroriste caractérisé", ce que l'on sait

Décapitation d'un prof d'histoire : un "acte terroriste caractérisé", ce que l'on sait
Terrorisme

RÉCAP' - Un professeur d'histoire-géo a été décapité en fin d'après-midi, vendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine. Son agresseur a été abattu. Voici ce que l'on sait à cette heure.

Un professeur d'histoire-géographie de 44 ans a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, vendredi en fin d'après-midi. Les faits ont eu lieu en pleine rue. L'auteur présumé des faits a été abattu peu de temps après dans la ville voisine d'Éragny, dans le Val-d'Oise.  "Il s'agit d'un acte terroriste islamiste caractérisé", a réagi Emmanuel Macron après s'être rendu sur place. Voici ce que l'on sait au lendemain des faits. 

Décapité en pleine rue

Les faits se sont déroulés vers 17h. Les policiers de la Bac de Conflans-Sainte-Honorine ont été appelés concernant un individu suspect rôdant autour d'un établissement scolaire. Des témoins disent l'avoir entendu crier "Allah Akbar". Sur place, les fonctionnaires ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin, à Éragny, ont tenté d'interpeller un homme armé d'un couteau et d'une arme à feu qui les menaçait et ont fait feu sur lui, l'abattant d'une dizaine de balles. Une possible revendication de son acte est à l'étude.

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Des caricatures de Mahomet montrée lors d'un cours sur la liberté d'expression

La victime, un professeur d'histoire-géographie du collège du Bois d'Aulne, un quartier pavillonnaire calme de Conflans-Sainte-Honorine, avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux, l'un d'entre eux allant même jusqu'à déposer plainte pour "diffusion d'images pornographiques" contre le professeur. Ce dernier, qui avait proposé aux élèves de confession musulmane de ne pas regarder les caricatures, avait à son tour porté plainte pour diffamation.

Le parquet antiterroriste saisi

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé s'être aussitôt saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".  9 personnes ont été placées en garde à vue : 4 dans  la nuit de vendredi à samedi et cinq autres personnes samedi matin. Parmi elles figurent des membres de l'entourage familial de l'assaillant, mais aussi . Le procureur a confirmé samedi 17 octobre que ce dernier était un homme d'origine tchétchène, à peine majeur né à Moscou, bénéficiant du statut de réfugié. Connu des services de police pour des faits de délinquance, il ne l'était pas des services de renseignement. Il avait revendiqué son acte dans un tweet illustré de la photo du professeur, a également confirmé le procureur.

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"L'obscurantisme ne gagnera pas", promet E. Macron

Emmanuel Macron s'est rendu sur place dans la soirée et a rendu hommage au professeur. "Un de nos concitoyens a été assassiné aujourd'hui parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé", a souligné le président de la République, appelant, d'une voix déterminée et empreinte de colère, à l'unité des Français et martelant que "l'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas".

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Emmanuel Macron : "Ils ne passeront pas"

"C'est la République qui est attaquée"

"Ce soir, c'est la République qui est attaquée avec l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs, un professeur. Je pense ce soir à lui, à sa famille. Notre unité et notre fermeté sont les seuls réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste", a réagi sur Twitter le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçant qu'il recevrait samedi les représentants des personnels et des parents d’élèves.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a quant à lui décidé de regagner immédiatement la France après s'être entretenu depuis Rabat avec le Premier ministre Jean Castex et le président Emmanuel Macron. 

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"On a laissé des gens être menacés"

L'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, lui-même ciblé par un attentat ayant décimé une partie de sa rédaction en janvier 2015, a fait part vendredi soir de son "sentiment d'horreur et de révolte", jugeant que "l'intolérance" vendait "de franchir un nouveau seuil et ne semble reculer devant rien pour imposer sa terreur à notre pays. Seule, la détermination du pouvoir politique et la solidarité de tous mettront en échec cette idéologie fasciste". 

Joint par LCI, l'ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val s'est, lui, dit profondément abattu. "C'est épouvantable. Je pense à ce professeur, c'est horrible", a-t-il, déclaré, regrettant que rien n'ait été fait depuis la publication des caricatures de Mahomet pour empêcher "la terreur de s'installer dans le tissu social français"

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"On a laissé des gens être menacés", a-t-il martelé, estimant que loi sur le séparatisme aurait du "être mise en place il y a des années".

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