Djihadistes français condamnés à mort en Irak : 44 avocats dénoncent "un immense déshonneur" pour la France

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APPEL - Dans une tribune publiée sur Franceinfo.fr, de nombreux avocats se sont opposés au traitement subi par les djihadistes français détenus et condamnés à mort en Irak, pour appartenance à Daech. Ces derniers demandent à ce que ces djihadistes "soient jugés et condamnés dans le respect de leurs droits fondamentaux."

Depuis plusieurs semaines, le sort de plusieurs ressortissants français, détenus en Irak, soupçonnés d'appartenir à l'organisation terroriste Daech et condamnés à mort par la justice irakienne, est au centre des débats. Dans une tribune parue ce lundi sur le site de France Info, plus d'une quarantaine d'avocats alertent sur une possible 'mise à mort" de ces Français. "La France n'a pas voulu rapatrier ses ressortissants et a préféré les exposer à la peine de mort et à des procès expéditifs dont nous savons qu'ils méconnaissent gravement les droits de la défense", expliquent-ils.


Selon eux, en prenant le risque de faire condamner à mort certains de ses ressortissants, la France s'expose à un "immense  déshonneur" qui pourrait laisser "une tache indélébile" sur le mandat d'Emmanuel Macron : "On a pris un risque historique qui, s'il se réalisait, laisserait une tache indélébile sur le mandat d'Emmanuel Macron, d'avoir ainsi rendu possible un assassinat légal aujourd'hui banni par la majorité des pays de la planète, à l'exception notamment de l'Arabie saoudite, de l'Irak, de la Chine, des Etats-Unis".

Deux nouvelles condamnations à mort prononcées dimanche

Cette tribune intervient au lendemain de nouvelles condamnations à mort à Bagdad de deux de ces Français. Ces deux nouvelles condamnations portent à neuf le nombre de ressortissants français à écoper de cette peine en Irak, pour appartenance au groupe terroriste Etat islamique (EI).


La semaine dernière, le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian avait jugé que les sept Français condamnés pour appartenance à Daech avaient bénéficié d'un "procès équitable", après avoir assuré que la France multipliait les démarches pour leur éviter la peine de mort. "Faire prendre ce risque de condamner à mort des ressortissants français, c'est renoncer à nos engagements car c'est permettre la mise en oeuvre extraterritoriale de la peine de mort", ont contesté les 44 avocats dans leur tribune.

La peine de mort est un traitement inhumain et dégradant.44 avocats français dans une tribune sur Franceinfo.fr.

Selon eux, l'article de la Constitution interdisant la peine de mort, le 66-1, "ne souffre d'aucune dérogation, pas même en matière de terrorisme." "Exécuter ces peines de mort ou même en permettre le prononcé est donc contraire à notre ordre public et reviendrait à répondre à la barbarie par une peine que nous prohibons catégoriquement", martèlent-ils.


"La peine de mort est un traitement inhumain et dégradant. L'Association française des victimes du terrorisme a exprimé son vœu pour que les djihadistes soient jugés et condamnés dans le respect de leurs droits fondamentaux et a marqué son hostilité contre la peine de mort", rappellent les signataires de la tribune.

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