Bilan humain, enquête et tireur en fuite : que sait-on après l'attentat de Strasbourg ?

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ATTAQUE - Une fusillade a fait trois morts et plusieurs blessés, dont certains grièvement, mardi soir dans le centre ville de Strasbourg. L'auteur présumé, Cherif Chekatt, fiché S et âgé de 29 ans, devait être interpellé le matin même dans une affaire de tentative de meurtre et d’extorsion. Blessé, il était toujours introuvable mercredi matin.

Une fusillade dans le centre-ville de Strasbourg a fait trois morts et plusieurs blessés, dont certains en urgences absolues, ce mardi soir, en milieu de soirée. Un bilan plusieurs fois corrigé par les autorités. Ce jeudi, Cherif Chekatt, l'auteur de cette attaque mortelle, était toujours recherché par les forces de sécurité. 


Que s'est-il passé ? Que sait-on du suspect ? Comment s'organise la chasse à l'homme ? On fait le point sur les principales informations concernant cette attaque. 

Au moins trois morts

Le bilan est pour l'heure de trois morts, cinq blessés graves - dont une personne en état de mort cérébrale - et huit blessés légers. Le plan blanc a été déclenché dans les hôpitaux de Strasbourg, permettant de mobiliser au maximum le personnel et les services disponibles. De cette façon, des lits supplémentaires peuvent être réquisitionnés (les patients dans un état jugé satisfaisant peuvent être amenés à sortir de façon anticipée), tout comme des blocs chirurgicaux ou des transports ambulanciers. Le Samu local a indiqué que les victimes étaient âgées entre 20 et 65 ans.

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Que s'est-il passé ?

Le tireur a commencé à ouvrir le feu vers 19h50 dans le centre-ville de Strasbourg, près de la place Kléber et de la rue des Grandes arcades. C'est dans cette zone que se tient le célèbre marché de Noël de la ville. Ce quartier, appelé la Grande-île, est encerclé par le fleuve qui traverse la capitale alsacienne, l'Ill, et le canal des Faux remparts. Tout ce secteur est piétonnisé pendant la journée et fait l'objet d'un large dispositif de sécurité.


Cherif Chekatt, c'est le nom communiqué par la Police nationale dans un appel à témoins émis mercredi soir, est entré par le pont du Corbeau, l'un des ponts qui accèdent au centre historique de Strasbourg, puis évolue rapidement dans ce quartier piétonnisé, empruntant successivement plusieurs rues et ruelles (rue des Grandes Arcades, rue du Saumon, rue de la Chandelle, rue Sainte-Hélène et rue du Pont Saint-Martin). Tout au long de son parcours, il tire avec son arme de poing et utilise un couteau pour blesser et donner la mort, en criant "Allah Akbar" selon plusieurs témoins.


De nombreuses personnes ont évacué le centre-ville à la hâte. Sur son chemin, il croise quatre militaires de l'opération Sentinelle, alertés par les tirs. L'homme fait feu dans leur direction, la patrouille riposte et le blesse au bras, mais il parvient à s'échapper en s'engouffrant dans un taxi et quitte la Grande-île peu après 20h.

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Le tireur recherché

Un périmètre de confinement a d'abord été instauré sur la Grande île mais aussi le Parlement européen ou la salle de basket Le Rhemus. Selon le récit d'une source proche du dossier, Cherif Chekatt a été déposé en taxi dans le secteur de la rue de Belfort, dans le quartier du Neudorf, au sud de la ville. Le chauffeur du taxi a indiqué que l'homme lui avait demandé de le conduire dans ce quartier, sans donner d'adresse précise. L'individu, pour justifier ses blessures, a évoqué son passage à l'acte auprès du chauffeur.


Aux alentours de 20h20, il est aperçu marchant dans la rue de Saint-Dié, toujours dans le quartier de Neudorf. Il y rencontre des policiers qui lui intiment l'ordre de s'arrêter. Cherif Chekatt tire dans leur direction et prend de nouveau la fuite. Mais des policiers retrouvent sa trace et les échanges de tirs reprennent. Il réussit de nouveau à échapper aux forces de l'ordre et s'évanouit dans la nature. Jeudi 13 décembre au matin, il est toujours recherché, aussi bien près de Strasbourg qu'à la frontière franco-allemande.

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Le tireur est fiché S

Le principal suspect de cette fusillade a été identifié par les autorités. Il s'agit de Cherif Chekatt, un homme, âgé de 29 ans, fiché S pour radicalisation. Son nom apparaît une soixantaine de fois au fichier du traitement des antécédents judiciaires. Né à Strasbourg en février 1989, il aurait dû être interpellé ce mardi matin par les forces de l'ordre car il était recherché dans une affaire de tentative de meurtre et d'extorsion. Un avis de recherche a été diffusé par la police, mardi 12 décembre.


Cette opération des gendarmes, assistés d'agents de la DGSI, a eu lieu à son domicile dans le quartier des Poteries, à l'ouest de la ville. Les enquêteurs le soupçonnent d'être l'instigateur d'une tentative d'assassinat en août 2018 dans le cadre d'un vol qui aurait mal tourné. Les enquêteurs ne trouvent pas sa trace, mais découvrent un important arsenal: une grenade défensive, une arme 22 Long Rifle chargée, des munitions et 4 couteaux. Quatre hommes ont été arrêtés ce même matin dans le cadre de cette affaire.

Le suspect a également été condamné en 2011 à deux ans de prison dont 6 mois ferme pour avoir agressé un adolescent avec un tesson de bouteille, selon les Dernières Nouvelles d'Alsace

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Le plan vigipirate passé en "urgence attentat"

À la suite de la fusillade, le plan vigipirate est passé en "urgence attentat", a indiqué Christophe Castaner. Des contrôles renforcés ont lieu aux frontières ainsi qu'à l'entrée des autres marchés de Noël sur le territoire. L'opération Sentinelle a également été renforcée, a ajouté le ministre.

Un arrêté préfectoral interdisant les manifestations à Strasbourg ce mercredi doit également être pris. Les écoles, collèges et lycées seront ouverts pour accueillir les enfants mais "les parents qui le peuvent, peuvent garder leurs enfants à leur domicile", a suggéré le ministre de l'Intérieur. Les cours sont suspendus dans les écoles maternelles et élémentaires, mais maintenus dans les collèges et lycées.

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L'enquête

La section anti-terroriste du parquet de Paris s'est rapidement saisie de l'affaire. Elle a ouvert une enquête du chef d'assassinats, tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes criminelle. Successeur de François Molins au poste de procureur de Paris, Rémy Heitz, également sur les lieux, a tenu un point presse en début d'après-midi, mercredi 12 décembre, au cours duquel il a confirmé le caractère terroriste de l'attaque.


Une cellule d'information du public (CIP) est ouverte et un numéro a été activé au 0 811 000 667. Une cellule psychologique a également été ouverte.

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