Fusillades en Allemagne : le spectre du terrorisme d’extrême droite

Neuf personnes ont été tuées mercredi soir à Hanau (Allemagne) dans deux fusillades dont l'auteur présumé a été retrouvé mort à son domicile. Les enquêteurs privilégient la piste raciste.

RÉITÉRATION – Quelques jours à peine après l'arrestation d'un groupuscule d'extrême droite qui voulait s'en prendre à des mosquées, un individu a tué au moins neuf personnes mercredi soir à Hanau, près de Francfort. Si le mobile de ces attaques n'est pas encore connu à ce stade, le parquet fédéral fait état d'une "motivation xénophobe" derrière l'attaque. De quoi faire resurgir le spectre d'un terrorisme raciste dans le pays.

Les uns voulaient frapper des lieux de culte. Lui a ciblé des bars à chicha. Dans les deux cas, les suspects sont des personnes issues ou proches de la mouvance d'extrême droite. Le double attentat qui a fait neuf victimes ce mercredi 20 février à Hanau, dans le centre de l'Allemagne, est probablement "xénophobe", selon les autorités. Une attaque qui, dans le pays, réveille les craintes d'un terrorisme d'extrême droite, avec déjà plusieurs crimes et agressions ces dernières années.

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Des attaques déjouées de justesse

Il y a moins d'une semaine, vendredi 14 février, douze membres d'un groupuscule d'extrême droite étaient arrêtés. Leur projet déjoué est alors décrit comme "effrayant" par le gouvernement allemand. Et pour cause, ces individus sont soupçonnés d'avoir planifié des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de l'auteur de l'attaque de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Une idéologie raciste que l'on retrouve également à Dresde, dans l'ex-RDA, huit néonazis sont également jugés depuis près de cinq mois pour avoir planifié des attentats contre des étrangers et des responsables politiques.

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C'est d'ailleurs dans ce contexte de menace extrémiste accrue qu'un massacre a été évité de justesse en octobre dernier. Un négationniste avait tenté de commettre un attentat dans une synagogue de Halle. Mais il s'était retrouvé face à une porte fermée. Frustré de n'avoir pu pénétrer dans l'édifice religieux en pleine prière, il avait cruellement abattu une passante avant de se rendre dans l'établissement d'un vendeur de kébabs pour tuer un client. Des actes diffusés en direct sur internet, encore une fois à la manière de l'assaillant australien qui a tué 51 personnes en mars dernier. Dans son "manifeste" antisémite, l'homme faisait part de sa volonté de "tuer autant d'anti-Blancs que possible, de préférence des Juifs".

Des élus directement visés

Au-delà des lieux de culte, ce sont aussi les hommes et les femmes politiques qui deviennent la cible des racistes. Ce fut notamment le cas en juin dernier, quand Walter Lübcke, un élu allemand pro-migrants, membre de la CDU – le parti d'Angela Merkel – a été tué. Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie, soupçonné d'avoir également abattu un demandeur d'asile irakien en 2016. Avant Walter Lübcke, d'autres élus ont également été agressés par des personnes proches de l'ultra droite. Ciblés pour leurs idées jugées trop bienveillantes envers les migrants, la maire de Cologne Henriette Reker en 2015 est poignardée, tandis que le maire d'Altena, Andreas Hollstein, y échappe de justesse. 

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Des attaques en nombre, qui créent l'effet d'un choc dans ce pays encore traumatisé par les crimes nazis. Une idéologie qui ne semble pas prête de s'éteindre. Actuellement, plus de 12.700 extrémistes de droite "dangereux" sont recensés par les autorités du pays.

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