Hommage national à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello : "Ces deux gars morts au combat, ce sont des héros"

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Libération d'otages français au Burkina : l'hommage national aux deux militaires tués

REPORTAGE – Un hommage national a été rendu ce mardi matin à Paris aux militaires Cédric de Pierrepont, 33 ans et Alain Bertoncello, 28 ans morts dans la nuit du 9 au 10 mai au Burkina Faso au cours de la libération de plusieurs otages dont deux Français. A l’intérieur comme à l’extérieur de l’hôtel des Invalides, l’émotion était forte.

Certains sont venus dès 8 heures, pour être certains "d’avoir une place", d’autres, sont arrivés juste avant l’heure annoncée, 10 heures, sur le pont Alexandre III. C’est là, une heure avant le début de l’hommage national dans l'enceinte de l'Hôtel national des Invalides que le ministère des Armées avait invité tous ceux qui voulaient saluer une dernière fois les militaires Cédric de Pierrepont , 33 ans et Alain Bertoncello, 28 ans à "se recueillir". 

Et c’est en nombre et de tous âges qu’ils sont venus se rassembler sur ces quelques mètres qui relient le Grand Palais et le musée de l’Armée. "Vous voyez, il y a du monde. Enfants, adolescents, des salariés, des retraités. Il y a de tout. Parce que ces deux petits gars morts au combat, ce sont des héros. Ils ont donné leur vie, pour en sauver d’autres, on ne peut que leur rendre hommage", confie à LCI un capitaine de frégate réserviste venu en tenue et en gants blancs, comme le veut la règle. 

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"Cette émotion, je ne l’ai jamais ressentie"

Thelma, Parisienne trentenaire, assiste pour la première fois à ce genre d’événement. "Ces tristes nouvelles, quand on les apprend aux informations, ça fait toujours de la peine. Quand j’ai vu et entendu les témoignages des compagnes de ces deux militaires il y a quelques jours, j’ai eu du mal à retenir mes larmes, j’étais bouleversée. Mais ce que je vis aujourd'hui, cette émotion-là, devant les Invalides, je ne l’ai jamais ressentie auparavant". 

Comme elle, Pierre est très très ému. "J’ai à peu près le même âge que ces soldats, ça aurait pu être mes amis, des copains avec qui j’aurais été prendre l’apéro, aller en soirée. C’est très dur de savoir qu’ils sont partis en sauvant des vies. J’ai failli m’évanouir au passage du cortège funèbre.". 

Comme le veut une tradition récente, lancée en 2011,  les corbillards du cortège ont traversé le pont Alexandre III, au milieu des anonymes, mais aussi des pompiers, des policiers, des militaires de Vigipirate mais aussi de nombreux anonymes. Certains avaient amené les drapeaux tricolores, d’autres les fleurs blanches. "Nous leur devons bien ça. Un petit rien qui apporte un petit quelque chose", commente Louise, retraitée. 

Des applaudissements et des larmes

En vidéo

Hommage à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello - La cérémonie complète

Après la traversée du pont, les véhicules funéraires ont rejoint la cour des Invalides. La foule, elle, s’est massée devant le seul écran géant installé devant l’Hôtel national où était retransmis l’hommage. "Quand je vois ces deux cercueils recouverts du drapeau français reliés par cette sangle de vie, j'ai la boule au ventre. Et quand je vois les proches en pleurs, les militaires, camarades des victimes, aussi dignes et forts face à une telle situation, je me dis qu’ils ont vraiment du cran", commente Alexandre, étudiant. 

La Marseillaise, le Bagad, résonnant dans la cour n’ont laissé personne insensible.  "Il y a ces chants et ces musiques mais aussi ce silence dans la cour des Invalides, et dans le public, silence qui témoigne du respect de tous pour ces soldats morts au combat", souffle Marc, spectateur de la triste cérémonie à sa voisine. D'autres ont regretté que la circulation n'ai pas été interdite sur l'esplanade le temps de la cérémonie. "Je n'ai jamais vu ça. On rend hommage à des héros, on pleure, et on laisse passer les taxis et les cars de tourisme quand le Président parle, c'est honteux !", s'agace Hervé avant de se réjouir qu'enfin, l'accès soit interdit aux véhicules le temps de l'hommage. 

Puis les cercueils des deux commandos marines, suivis des familles et du président, ont ensuite été portés par leurs camarades des Forces spéciales au son du chant militaire "Loin de chez nous", clôturant une cérémonie d'environ 45 minutes.

 A la sortie de l’Hôtel National, au passage des véhicules funéraires, le cortège funèbre est applaudi. Dans le public, plusieurs personnes ne parviennent à retenir leurs larmes. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello sont salués par la foule, une dernière fois. 

Les obsèques d'Alain Bertoncello auront lieu samedi chez lui en Haute-Savoie "dans l'intimité familiale". Ceux qui le souhaitent pourront se recueillir devant sa dépouille, à la maison funéraire d'Annecy. Celles de Cédric de Pierrepont auront lieu mercredi après-midi en l'église de Larmor-Plage, dans le Morbihan.

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