La mère d’une djihadiste française retenue en Syrie va porter plainte contre Belloubet et Le Drian

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

TÉMOIGNAGE - Depuis la France, Pascale se bat pour que sa fille et ses petits-enfants soient libérés du camp kurde d’Al-Hol, au nord-est de la Syrie, où ils se trouvent depuis neuf mois. Alors que les Turcs ont lancé une offensive militaire pour chasser les Kurdes de la région, cette mère inquiète s'est confiée à LCI, appelant à profiter du moment pour le rapatriement de ses proches. Ce vendredi, elle annonce son intention de porter plainte contre le gouvernement.

"C’est un camp de misère et aujourd’hui, c’est encore pire." Voilà neuf mois que la fille de Pascale se trouve, avec ses quatre enfants, dans le camp kurde d’Al-Hol, ville du nord-est de la Syrie. Avec eux, d’autres familles de djihadistes, mais aussi des réfugiés syriens et irakiens. Partie dans le pays en 2015 avec son compagnon et ses enfants, au nombre de trois à l’époque, la jeune femme souhaite désormais rentrer en France et répondre de ses actes. 

Impuissante, sa mère constate l’escalade de violence dans le nord-est syrien depuis le début de l’offensive militaire turque contre les Kurdes, le 9 octobre dernier. Et craint pour le sort qui sera réservé à sa fille et à ses petits-enfants. Aux côtés de son avocat ce vendredi 18 août, elle a annoncé son intention de porter plainte contre Jean-Yves Le Drian et Nicole Bellouvet pour "omission de porter secours" et "atteinte à la liberté individuelle". 

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"On ne peut pas les laisser indéfiniment dans une prison à ciel ouvert"

Ceci étant, l'avenir de cette Française et de ses quatre enfants est tout aussi incertain qu'hier, malgré le suivi du dossier par le ministre des Affaires étrangères.  Des messages de sa fille, Pascale en a "un jour sur deux". "Je n’ai pas eu de nouvelles aujourd’hui, ni hier. De temps en temps, je la rassure en lui disant qu’ils vont les rapatrier. Alors elle attend." L’annonce jeudi 17 octobre d’un cessez-le feu d’une durée de cinq jours entre les forces turques et les kurdes sonne pour Pascale comme "le moment idéal pour rapatrier" ces Françaises retenues en Syrie avec leurs enfants, souvent en bas âge. 

Actuellement, environ 130 femmes et 200 à 250 enfants de nationalité française se trouveraient actuellement dans le camp d’Al-Hol. "Les combats territoriaux avec Daech sont terminés. Il faut rapatrier les enfants, les sécuriser et puis juger les adultes. Que faire d’autre ? On ne peut pas les laisser indéfiniment dans une prison à ciel ouvert."

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Pascale s’inquiète notamment que sa famille soit déplacée, avec les 74 000 réfugiés du camp, en territoire irakien. "Aujourd’hui, il y a une incertitude. Quand on a appris le départ de Jean-Yves Le Drian en Irak, on a pensé à un éventuel transfert. Mais a priori, ce ne serait pas gérable." Ce qu'elle redoute aussi  est l’enlèvement de sa fille par des djihadistes, qui "rodent" aux abords des camps. Ces derniers profitent en effet du chaos qui règne dans la région pour attaquer les camps et prisons gérés par les forces kurdes, et ainsi récupérer des "combattants" et leur famille. Mercredi 16 octobre, Daech a affirmé dans un communiqué avoir "libéré un certain nombre de femmes musulmanes enlevées" par les Kurdes. 

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