Le numéro 2 de l’ambassade de France au Salvador mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste"

Terrorisme

INTERPELLATION - Soupçonné d’appartenir à une cellule d’ultra-droite qui projetait des attaques contre des musulmans en France, un diplomate en poste à l’ambassade de France au Salvador a été mis en examen en juin, et relevé de ses fonctions.

Le 2 juin dernier, à l’aéroport de Roissy, les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) interpellaient et plaçaient en garde à vue un homme soupçonné d'appartenir à une cellule d'ultra-droite qui projetait des attaques contre des musulmans en France, rapporte Le Parisien. L’homme, âgé de 51 ans, a un profil "pour le moins inattendu" : il s’agit en effet d’un diplomate, le numéro 2 de l’ambassade de France au Salvador. 

Quatre jours après son interpellation, le haut-fonctionnaire a été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", selon une source proche du dossier, qui a confirmé à l’AFP les informations du Parisien. Elle précise que l’homme n’est "pas juste un sympathisant" mais un membre "actif" du groupe d'ultra-droite Actions des forces opérationnelles (AFO). Treize de ses membres présumés ont déjà été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" à l'été 2018.

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Selon Le Parisien, le diplomate a été placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions. L'homme donnait des instructions à distance et se tenait au courant depuis le Salvador de l'avancée des projets d'attaques de ses camarades, "recevant des comptes rendus de réunions par mail".

Des armes rapportées par valise diplomatique

La cellule d'ultra-droite AFO affichait son ambition de lutter "contre le péril islamiste" et avait évoqué des projets d'attaques contre des musulmans. Entre autres, l’un d’eux consistait à empoisonner la nourriture halal dans les supermarchés. Pendant l'été 2018, deux coups de filet avaient permis l'arrestation de treize de ses membres présumés dont son probable chef de file, un policier à la retraite qui entendait "durcir l'action". Des armes à feu et des milliers de munitions avaient été retrouvées lors de perquisitions chez des suspects, y compris des éléments entrant dans la fabrication d'explosif de type TATP.

C’est en exploitant les échanges entre les treize autres suspects que les enquêteurs sont remontés jusqu’à l’adjoint de l’ambassadeur de France au Salvador. L’ex-numéro 2, par ailleurs soupçonné d’avoir recruté plusieurs membres AFO pour la cellule francilienne, aurait ainsi envisagé de ramener des armes du Salvador par "valise diplomatique", afin d’échapper à tout contrôle. 

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