Londres : ce que l'on sait après l'attaque terroriste mortelle du vendredi 29 novembre

L'homme qui a tué deux personnes vendredi lors d'une attaque "terroriste" au couteau à London Bridge, avant d'être abattu par la police, était Usman Khan, 28 ans, un ex-prisonnier condamné pour terrorisme, a annoncé samedi le chef de l'antiterrorisme britannique, Neil Basu.
Terrorisme

ROYAUME-UNI - Une attaque au couteau considérée comme "terroriste" par les autorités britanniques a fait deux morts et trois blessés ce vendredi 29 novembre 2019 au centre de Londres. Le suspect, qui portait un engin explosif factice, a été abattu. 

Le drame s'est de nouveau produit au coeur de Londres. Une attaque à l'arme blanche a en effet eu lieu ce vendredi 29 novembre en début d'après-midi près de London Bridge. Le suspect porteur d'un faux engin explosif a été abattu sur place. Son acte a ainsi été qualifié de "terroriste" par les autorités britanniques. 

Lire aussi

Le déroulés des faits

Un homme, portant un engin explosif factice, a poignardé plusieurs personnes ce vendredi à London Bridge, au  centre de la capitale britannique. La police a indiqué avoir été appelée à 13h58 et s'être rendue sur place avec les secours. Ce pont avait déjà été le théâtre d'un attentat en 2017. 

 Le suspect a été "blessé par balles" par les forces de l'ordre et il est "mort sur place", a indiqué le chef de la police antiterroriste, qualifiant l'attaque de "terroriste". "J'ai vu un homme tomber à terre, avec un couteau à côté de lui" après "plusieurs coups de feu", a raconté à l'AFP un homme travaillant dans des bureaux en face.  

La zone où se trouvent de nombreux bureaux et lieux de sortie a été évacuée et est restée bouclée "un certain temps", selon la police. La présence policière dans les rues doit être renforcé dans les prochains jours. La patronne de Scotland Yard a assuré que la police "travaillait sans relâche pour comprendre ce qui s'est passé et si d'autres personnes sont impliquées". 

Un lourd bilan

Deux étudiants de l'université de Cambridge, Jack Merritt et Saskia Jones, ont succombé aux coups de couteau et trois autres ont été blessées.  Le nombre de victimes aurait pu être plus élevé si plusieurs passants n'étaient pas intervenus pour stopper le suspect. Ces passants ont ainsi été salués en "héros" par la police et des responsables politiques pour s'être rués sur l'assaillant et s'être battus avec lui, selon des vidéos enregistrées par des témoins et diffusées sur les réseaux sociaux. 

"On a fait tout ce qu'on pouvait pour essayer de lui arracher son couteau afin qu'il ne blesse personne d'autre", a expliqué à la BBC un guide touristique figurant parmi ceux qui sont intervenus. 

"Des Londoniens sont intervenus pour empêcher l'attaquant d'agir", a insisté le maire de la capitale britannique Sadiq Khan. "Nous allons rester unis et déterminés face au terrorisme. Ceux qui cherchent à nous attaquer et nous diviser ne réussiront jamais", a-t-il poursuivi, appelant dans le même temps les Londoniens à la "vigilance".

Voir aussi

Le profil de l'assaillant

L'assaillant, Usman Khan était âgé de 28 ans. L'homme était connu des services de sécurité et lié à des "groupes terroristes islamistes", a indiqué l'agence de presse Press Association citant une source sécuritaire. Il avait été condamné à 16 ans de prison pour son appartenance à un groupe qui planifiait un attentat à la bombe contre le London Stock Exchange, la Bourse de Londres. Il était porteur d'un bracelet électronique après avoir bénéficié d'une remise en liberté conditionnelle. 

Le journal The Times, citant des sources gouvernementales, a précisé qu'il participait ce vendredi à une conférence organisée par l'université de Cambridge sur la réhabilitation des prisonniers dans le Fishmonger's Hall, un bâtiment à l'extrémité nord du London Bridge où l'attaque a commencé d'après la police. Conférence qu'avait participé à organiser l'une des victimes, Jack Merritt.

Voir aussi

Le Royaume-Uni sous le choc

Avant le début d'une réunion du comité de crise du gouvernement ("Cobra") dans la soirée, le Premier ministre Boris Johnson a déclaré avoir souligné "depuis longtemps" que "c'est une erreur de permettre aux criminels violents de sortir de prison de manière anticipée", suggérant de leur appliquer une peine plancher de 14 ans d'emprisonnement.

Plus tôt, il a affirmé à la télévision que le Royaume-Uni "ne sera jamais [...] divisé ou intimidé par ce type d'attaque" et il a assuré que "toute personne impliquée dans ce crime et ces attaques serait traquée et présentée à la justice". 

Le dirigeant conservateur a reçu des soutiens de l'étranger. "Les Etats-Unis condamnent avec force toutes les violences horribles contre des innocents et nous assurons de notre soutien sans réserve notre allié, le Royaume-Uni", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche. "Très attristé", le nouveau président du Conseil européen, Charles Michel, a quant à lui estimé que "la lutte contre le terrorisme est une bataille commune".  

Cette attaque vient chambouler la campagne électorale à moins de deux semaines des législatives du 12 décembre.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter