"Je n’arrive pas à croire que je ne le reverrai plus" : Léa, la compagne d'Alain Bertoncello, parle de son héros

Terrorisme
TÉMOIGNAGE - La compagne d'Alain Bertoncello, l'un des deux militaires tués la semaine dernière en sauvant deux otages français au Burkina Faso, a livré ce lundi un témoignage très touchant. La jeune femme âgée de 26 ans, elle aussi militaire, avait prévu de s'installer avec son compagnon, son "héros", du côté de Toulon dans le Var. Ce samedi, le militaire a été inhumé dans son village de Haute-Savoie.

Florence Charton, la compagne de Cédric de Pierrepont, livrait dimanche soir sur TF1 un témoignage poignant. Au lendemain de ces mots qui ont beaucoup ému, ceux de Léa ont le même impact. Cette jeune femme de 26 ans est, elle, la compagne d’Alain Bertoncello, le deuxième militaire tué la semaine dernière au cours du sauvetage de deux otages au Burkina Faso. 


Militaire elle aussi, Léa s’est confiée ce lundi à plusieurs médias dont TF1. Elle évoque notamment son "soleil", l'homme de sa vie parti trop tôt, à l'âge de 28 ans. "Il était parfait. Pour moi, à mes yeux, c’était le conjoint que je voulais pour toute ma vie (…) Bien sûr qu’il était conscient du danger. Après, on en parle pas. Ce n’est pas quelque chose que l’on met vraiment en avant parce que c’est difficile d’en parler. Moi je savais les risques (...) Je l’ai eu la veille au téléphone. On s’est dit des mots d’amour, heureusement, on s’est écrit quelques messages, se souvient la jeune femme très éprouvée devant la caméra de TF1. J’ai senti à sa voix qu’il était excité de quelque chose. Je sentais qu’il allait partir sur le terrain...". 

"Nous croquions la vie ensemble"

Dans un texte rédigé ce week-end et repris ce lundi sur RTL et Le Parisien, Léa décrit également ce lundi son "héros", Alain,"un homme joyeux, souriant et drôle", un "homme parfait", son "soleil". La jeune femme ajoute : "Nous croquions la vie ensemble et nous étions très complémentaires dans une relation fusionnelle. Nous avions de nombreux projets".  Elle et son compagnon avaient prévu de s'installer à Toulon, dans le Var, et avaient déjà évoqué le sujet des enfants.


Admiratrice de son travail, elle précise que "son engagement et sa capacité de travail l’ont mené de façon logique dans la plus prestigieuse et la plus sélective des unités de l’armée : le commando Hubert."


Sur sa mission en Afrique, Léa indique : "Il était certain qu’il était prêt physiquement et mentalement pour cette mission. Il l’a accomplie jusqu’au bout. Et c’est donc une mission réussie malgré sa disparition et celle de Cédric". 

"Une mort soudaine, on ne s’y attend pas"

Après la lecture de ce texte, Léa a confié quelques mots, effondrée, à nos confrères. En sanglot elle déclare au micro de RTL : "La mort d’Alain, c’est un grand choc. On est préparé à l’absence. Je suis également militaire, je pars aussi en mission régulièrement, on connaît ce vide. Mais une mort aussi soudaine, on ne s’y attend pas. C’est juste impensable. Pourtant, on connaît les risques de son métier. Mais on n’y pense pas forcément. Je n’arrive pas à croire que je ne le reverrai plus. C’est trop brutal".

Au sujet de la polémique qui a éclaté sur la présence des deux touristes français dans cette région d’Afrique, la jeune femme déclare : "C’est sûr que j’ai la haine. Je leur en veux d’être partis dans ce pays alors qu’il ne fallait pas aller là-bas, réagit-elle. Si on commence à penser comme ça, on ne s’en sort plus. Des gens qui vont en montagne peuvent aussi se mettre en danger. Il est du devoir des sauveteurs d’aller les sauver… De toute façon, il y a des erreurs partout. Et c’est la vie malheureusement."


Et de conclure : "Alain était là pour remplir sa mission et il l’a fait jusqu’au bout. Son but, c’était de sauver ces vies-là. Ce sont des surhommes, ses camarades et lui, c’est l’élite de l’armée française". 

Léa se rendra mardi à l’hommage national qui sera rendu à son compagnon et à Cédric de Pierrepont aux Invalides. A cette triste occasion, elle rencontrera Florence Charton, elle aussi endeuillée. 

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