Nigeria : plus de 30 morts dans un triple attentat visant des supporters de foot attribué à Boko Haram

Terrorisme
INTERNATIONAL - Trois kamikazes ont déclenché leurs charges explosives dimanche soir devant un centre de retransmission de football où des dizaines de personnes regardaient un match dans la ville de Konduga, à quelques kilomètres de la capitale de l'Etat du Borno.

Un triple attentat en marge d'un match de football : Boko Haram est soupçonné d'être à l'origine de l'attaque la plus meurtrière perpétrée par ce groupe djihadiste depuis des mois dans le nord-est du Nigeria. Le bilan est lourd : une trentaine de personnes au moins sont mortes et plus de 40 ont été blessées.


Trois kamikazes ont fait exploser leurs charges à proximité d'un local où s'étaient massés des supporters de football dimanche soir à Konduga, à une quarantaine de kilomètre de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno. Le triple attentat a eu lieu vers 21H00. Selon Ali Hassan, un chef de milice de la ville, le propriétaire du centre où étaient massés des fans de football et l'un des trois kamikazes "se sont violemment disputés", puis "le kamikaze s'est fait exploser". Les deux autres ont alors eux aussi déclenché leurs charges en dehors du centre, près d'une échoppe de thé. "Neuf personnes sont mortes sur le coup", a précisé le milicien.

Des attaques perpétrées par des femmes ou des jeunes filles

Si l'attaque n'a pour l'heure fait l'objet d'aucune revendication, il porte la marque des djihadistes de Boko Haram restés fidèles au chef historique du groupe, Abubakar Shekau. Ces derniers, installés dans une forêt non loin de Konduga, en sortent régulièrement pour attaquer des civils. En juillet 2018, huit fidèles sont morts dans un attentat suicide à l'intérieur d'une mosquée de la ville.


Ces attaques souvent perpétrées par des femmes ou des jeunes filles contre des cibles civiles comme des mosquées, des marchés ou des arrêts de bus, sont la signature de cette faction de Boko Haram. La dernière du genre remontait à la mi-avril quand deux femmes ont déclenché les explosifs qu'elles portaient sur elles pour éviter d'être arrêtées par des soldats et des membres des milices qui combattent les djihadistes au côté de l'armée dans la ville de garnison de Monguno. Une autre faction, qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique, s'attaque, elle, à des cibles militaires. Ainsi, début juin, ce groupe a revendiqué une série d'attaques contre des bases militaires et affirmé avoir tué 14 soldats.


L'insurrection lancée par Boko Haram il y a une dizaine d'années dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Elle a ensuite gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins, poussant à la création d'une une coalition régionale, la Force multinationale mixte (FMM).

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