Otages libérés au Burkina Faso : qui étaient les deux commandos Marine français tués au combat ?

Otages libérés au Burkina Faso : qui étaient les deux commandos Marine français tués au combat ?
Terrorisme

TOMBÉS AU COMBAT - Deux militaires français ont été tués au Burkina Faso lors d'une opération menée dans la nuit de jeudi à vendredi, qui a permis de libérer quatre otages, dont deux Français. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient deux officiers mariniers, engagés depuis le 30 mars dernier dans la région du Sahel.

"Les commandos Marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont sacrifié leur vie". Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages - les deux Français, enlevés le 1er mai au Bénin, une Américaine et une Sud-Coréenne - lors d'une intervention "complexe" dans le nord du Burkina Faso, dans la nuit de jeudi à vendredi, ont annoncé les autorités vendredi 10 mai. Quatre ravisseurs ont été tués, selon l'état-major français, qui n'a pas donné d'indication sur l'identité du groupe preneur d'otages. Au cours de l'opération militaire, deux officiers mariniers français "ont trouvé la mort au combat". 

"L'engagement et le sacrifice du maître Cédric de Pierrepont et du maître Alain Bertoncello nous dépassent tous. Toute la Nation s'incline aujourd'hui devant leur courage, reconnaissante et fière de ses héros qui ont donné leur vie pour sauver celle des autres", a commenté la ministre des Armées Florence Parly, qui a adressé ses "pensées" aux familles des soldats tombés. Emmanuel Macron présidera une cérémonie d'hommage aux deux militaires tués mardi à 11H.

Deux officiers cités pour leurs états de service

Entré dans la Marine nationale en 2004, à 18 ans, le maître Cédric de Pierrepont est affecté au commando de Penfentenyo, une équipe spéciale de neutralisation et d'observation, où il est promu au grade de second-maître. En août 2012, il rejoint le commando Hubert. Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018. Pacsé et cité plusieurs fois pour ses états de service, le maître de Pierrepont était notamment décoré de la Médaille d'or de la Défense nationale et de la médaille d'Outre-mer avec agrafes Sahel et Liban. Il "cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel", où il était déployé depuis le 30 mars dernier.

Né en 1991, le maître Alain Bertoncello rejoint en 2011 l'École de maistrance, qui assure la formation initiale des officiers mariniers. Après cinq années au commando Jaubert, spécialisé dans le contre-terrorisme, la libération d'otages et les assauts en mer, il rejoint le commando Hubert, basé à Saint-Mandrier, dans le Var, où il était affecté depuis juillet 2017. Il a participé à des missions de défense aux Seychelles et à plusieurs opérations extérieures". Pacsé, il cumulait plus de sept ans de service au sein de la Marine nationale. Il était décoré de la Médaille d'Outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la Médaille d'argent de la Défense nationale. À l'instar du maître Cédric de Pierrepont, il était déployé au Sahel depuis le 30 mars.

Le commando Hubert, l'équivalent du SEAL américain

Tous deux faisaient partie du prestigieux commando Hubert, l'un des sept commandos de la Marine nationale. Il est considéré comme le plus prestigieux d'entre eux et l'unité de forces spéciales la plus sélective et complète de toute l'Armée française. Héritière directe du 1er bataillon de fusiliers marins commandos constitué durant la Seconde Guerre mondiale au Royaume-Uni, l'unité porte le nom du lieutenant de vaisseau Augustin Hubert, tué au combat le 6 juin 1944 à Ouistreham.

Voir aussi

Au-delà des capacités communes partagées avec les autres commandos de la Marine nationale, le commando Hubert "dispose de groupes spécialisés dans le contre-terrorisme, la libération d'otages et l'action sous-marine avec les nageurs de combat", écrit sur son site le ministère de la Défense. Cette unité d'élite est l'homologue de la SEAL Team 6 américaine, connue notamment pour son raid sur la résidence fortifiée d'Oussama Ben Laden à Abbottabad, au Pakistan, le 1er mai 2011.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter